rencontre onirique d'un voyageur d'été
Posté le 04.09.2007 par manon
Je ne vous ai pas abandonné, je suis juste partie en vacance et j'en revient sans youyou (mon pc), volé sniff :'( paix à son ame mais je vous file cette nouvelle que j'ai bien failli ne pas retrouver lol
Rencontre onirique d’un voyageur d’été :
Encore un regard désespéré vers la pendule du bureau qui semble ne savoir afficher que six heures et demi tous les soirs sans jamais passer à sept heures. Pourtant la journée trouve toujours une fin et Prométhéa part dans la nuit pour arriver dans un appartement de la région parisienne aussi froid que sa vie mais pas autant que ses rêves. Eux sont chaud et doux, elle s’y blottit en attendant d’avoir le courage, la force de tout réaliser. Peut-être préfère t’elle cette vie, comme tant d’autres faite de petits plaisirs sans importance.
Ce soir encore elle rêve de la mer qu’elle n’a vu que deux fois dans sa vie, elle idéalise cette géante salée, lui accorde des vertus qui ne sont pas les siennes. Pourtant dans ses rêves la mer la console toujours et la fait voyager, elle la pousse vers de nouveau rivages. Elle est dans l’eau et se laisse bercée et emporter
L’eau emporte un morceau de bois mort noir le long de la rivière et il attend sur la rive, la personne qu’il attend, il ne sait pas qui elle est, il attend juste. Lorsque le bout de bois repasse et qu’une ombre de femme apparaît furtivement sur la berge, il se met à courir, il fuit, le plus vite possible, les paysages deviennent flous jusqu’à ce qu’il se réveille dans un sursaut, dans la cahute de bois.
Sous sa moustiquaire Somerled se sent étouffé par l’humidité qui lui donne tous ces rêves étranges. En tournant la tête il aperçoit la lune qui est dans son premier quartier, cette lueur le rassure, il pense que c’est la même lune qu’il verra quand il sera à Bogota, dans une semaine et encore et toujours ce même astre qui le suivra au rythme de ses pérégrinations. Il passe le peu de sa nuit qui lui reste à regarder le soleil se lever, il a toujours cette impression de beauté infinie lorsqu’il voit l’aube étendre ses couleurs irréelles dans le ciel. Il imagine que c’est cette beauté là qui fait la magie des naissances, mais celle du soleil est tellement plus belle car elle recommence tous les jours et pourtant à chaque fois de façon différente.
Sa longue marche à pied débute, sans guide sur ces chemins de terre qui le mène jusqu’à la ville la plus proche, là il trouvera une famille qui a accepté de l’emmener jusqu’à l’aéroport de Windhoek où il s’envolera pour Paris puis un autre jusqu’à New York pour enfin arriver à Bamako.
Le chemin se fait long et difficile dans cette humidité, et bien que Somerled essaye d’éviter les pauses, il avance lentement et pas une voiture ne passe le long de cette route abandonnée. Il commence à préparer son camp pour la nuit sans même apercevoir le prochain village, s’il continu à ce rythme, jamais il n’arrivera à temps à la ville. Seul devant son feu de camp ce soir-là il se maudit de ne pas être parti plus tôt mais lorsque le soleil se couche dans sa danse de couleurs habituelle, il cesse de ressasser ces idées noires et pense à une seconde possibilité, prendre son temps et prendre un vol pour Paris, puis aviser là bas, tant pis pour Bamako, se sera pour une autre foi et puis la Colombie, il connaît déjà, il était allé à Mitú lorsqu’il avait visité le Venezuela puis la partie ouest du Brésil.
La nuit est tombée maintenant, les chants des oiseaux s’éteignent peu à peu et les bruits du jour laissent place à ceux de la nuit, aussi, durant une demi-heure, le monde est silencieux et le ciel encore à peine éclairé par les étoiles. Somerled se glisse dans sa tente et s’endort immédiatement.
Il voyage sur la lune et surplombe les nuages bleus, il voit très loin les oiseaux voler et de là où il est, la pluie lui semble être un voile gris. Il s’aperçoit que tout cela n’est pas logique, que la lune devrait être bien plus haute alors il glisse vers un rêve où il est poursuivit par une tasse de café géante et ce dans un terrain de foot.
Le terrain de foot est désormais vide mais en son centre pousse un immense arbre aussi blanc que les lignes qui forment les limites du terrain, lorsque la croissance accélérée de ce mastodonte semble achevée, un corbeau blanc s’approche mais dès qu’il touche l’arbre, il devient noir d’encre et la scrute de ses yeux curieux.
Le réveil fait s’envoler l’oiseau.
La journée recommence, toujours la même, le petit déjeuner devant la fenêtre qui donne sur le quartier dont elle connaît tous les recoins puis elle s’habille et part vers l’agence de tourisme à Paris où elle passe le reste de la journée près de l’horloge et des magazines pour Marrakech, Istanbul, Bombay etc. Elle attend les clients qui s’envolent vers ces destinations paradisiaques.
Les heures s’égrainent lentement lui laissant le temps de penser librement à tous ces horizons lointains dont elle parle toute la journée sans jamais y toucher. Elle s’imagine la rougeur du soleil levant sur Athènes, la douceur de cette chaleur qui chasse doucement la fraîcheur de la nuit.
La pause de midi laisse habituellement place aux souvenirs d’enfance qui semble si lointains ; ils lui parviennent empreints de nostalgie et incomplets. La main de sa mère lui frôlant le bras pour lui donner les assiettes, l’odeur des gâteaux chaud sortant du four, la voix de son père tantôt lointaine comme un infime écho dans la brume tantôt aussi forte que celle d’un stentor. Dans ces moments la réalité ne fait que l’effleurer, lui glisser dessus.
Puis elle se dirige machinalement vers son bureau où elle revient peu à peu à la réalité ramenée à celle-ci par ses dossiers, son ordinateur sur lequel trône en fond d’écran un homme et une femme aux visages ridés et souriants, entre eux, se trouve une jeune femme brune aux cheveux raides courts. Tous trois se trouvent dans un salon devant une table sur laquelle est posée une nappe de dentelle blanche et un gâteau d’anniversaire au chocolat parsemé de bougies on ne peut que distinguer ce gâteau de la photo car il est derrière la jeune fille. Ce sont les parents de Prométhéa et elle-même, leur fille unique, pour son 23e anniversaire qu’elle a célébré avec eux il y a quelques mois de cela maintenant. Les clients reviennent et la routine reprend encore et encore, lorsqu’il n’y a pas de client et qu’elle n’a rien à faire, elle revisite ses rêves de jeunesse ou ceux de la nuit et les reconstruit à l’image qu’elle veut, tantôt tristes, tantôt drôles ou romanesques. Elle habite ainsi ce monde fait de silence et de magie tous les jours sans exception : celui des rêves et des souvenirs. La fin de semaine se passe toujours de la même manière : elle part marcher dans les forêts qui se situent autour de chez elle ou bien elle va rendre visite à ses parents qui habitent vers Orléans. Elle avait eu des amis bien sur, mais tous ont grandi, changés et décidé de réaliser leurs rêves sans l’attendre pour cela. Elle se retrouve donc sur la touche de la vie, elle voit le monde bouillonner mais tout cela lui parvient comme un lointain échos dans son monde. Elle est comme une petite fille qui se tient au-dessus d’un grand aquarium rempli de poissons pressés.
Enfin le soir arrive et elle revient dans son appartement plus ou moins éreintée selon sa journée. Elle cuisine, mange, se lave puis prépare sa toile, ses couleurs et elle peint un nouveau rêve, un de la nuit ou une rêverie du jour, tout est bon, tout rempli la toile. Dans ce moment là, son esprit se vide pour laisser le pas sur l’action, le pinceau puise dans son imagination autant qu’il puise dans ses couleurs et tout coule sur la toile. Alors elle n’est plus que ses rêves, elle s’envole et se regarde de haut : elle est la mouette au-dessus de la petite fille. Puis l’euphorie retombe et elle atterrie puis se couche. Lorsqu’elle est trop fatiguée pour tout cela ou qu’elle n’a pas d’idée, elle ouvre un livre et se plonge dedans totalement. Elle devient alors une héroïne de roman à la vie palpitante, plongée dans les beautés de la nature ou bien un antihéros attachant ou non.
Ce soir là, comme tout les autres elle se couche en espérant avoir de quoi remplir son carnet de rêves au réveil.
Quelqu’un lui parle mais son visage est comme flou et elle ne comprend pas ce qu’on lui demande, elle fouille avec frénésie dans un tiroir de son bureau, espérant désespérément y trouver la solution mais au lieu de cela elle y aperçoit un monstre rose à piquant dévorer un dinosaure vert puis ils s’effacent pour laisser la place à un jeune homme aux cheveux bruns clairs et à la veste marron qui lui fait un signe de la main ; elle se retrouve alors happée dans son tiroir, elle chute interminablement, se rapprochant doucement du jeune homme et elle lève la tête et aperçoit le petit rectangle que forme l’ouverture du tiroir devenir un étrange soleil rectangulaire, elle prend la main du jeune homme, mais elle ne sent rien, elle lui caresse la joue mais c’est comme si ne touchait que le vent. Elle réalise qu’elle est dans un rêve, quelle importance ? elle suit le bel inconnu qui lui dit des mots qu’elle sait doux mais dont elle ne se souviendra pas.
Il lui dit des mots d’amours, mais il est fasciné par ses mains qu’il trouve si roses, il ne sait pourquoi, ils continuent de marcher tous deux jusqu’au moment où, pris d’allégresse, il se met à sautiller de plus en plus haut et finit par s’envoler vers l’étrange soleil. La chaleur augmente de plus en plus.
Il se réveille en nage et triste de voir un si beau rêve déjà finit, il comprend la raison de cette impression de chaleur, sa tête dépasse de la tente et le soleil tape fort.
Il arrive deux jours trop tard pour prendre ses correspondances, il trouve par contre sans problème un vol pour Paris et s’envole vers la capitale française. Il la survole de nuit et la capitale semble être un brasier de lave et de roches noires tant les lumières sur la ville sont nombreuses. Il pense avec nostalgie qu’il retourne dans cette ville qui l’a vu s’émanciper alors qu’il arrivait d’Ecosse, sa terre natale. Pourtant il n’a pas envie de s’attarder cette fois, demain il foncera au plus tôt dans une agence de voyage quelconque pour repartir… Peut-être à Venise cette fois, la dernière fois qu’il y était allé, il avait fait un temps de chien ce qui l’avait obligé de rester cloîtré presque tout son séjour dans sa chambre d’hôtel à regarder par la fenêtre la pluie tomber et le vent souffler, emportant les parapluies des quelques touristes courageux qui avaient osé sortir.
Il trouve un hôtel bas de gamme en plein cœur de Paris et y prend une chambre sur le chant.
Toute la chambre sent le moisi et quelques cafards traînent un pue partout mais il est épuisé et s’endort.
Il est dans le public d’un cirque, une femme danse au centre de la piste, elle virevolte gracieusement et semble plus légère que la poussière qui jonche le sol. Somerled essaye de voir qui elle est mais il n’arrive pas à voir son visage, toujours caché par les autres spectateurs. A force de jouer des coudes il parvient à arriver au premier rang, il se retrouve poussé par la foule au milieu de la piste, en se regardant il constate qu’il porte un costume coordonné avec celui de la danseuse.
L’homme de l’autre nuit la prend par la taille et ils se mettent à danser, il a ses yeux plantés dans les siens, ils sont bruns avec des reflets d’or lorsque la lumière les touches, la pupille est d’un noir profond. Ils s’envolent ainsi enlacés et sortent par le chapiteau, ils dansent dans les cieux avant de se poser sur un nuage. Mais lorsque le réveil retenti, elle tombe brusquement, arrachée de ses bras pour retomber dans son lit avec une impression de bonheur intense et de frustration. Une nouvelle journée commence, avec un soleil radieux qui chauffe vite tout Paris jusque dans la petite agence de voyage où Prométhéa travaille. Aucun client aujourd’hui, elle a bouclé tous ses dossiers et attend l’hypothétique client de la journée qui aurait l’amabilité de ne pas choisir ses collègues mais saurait s’aventurer jusqu’à son bureau, tout au bout de l’allée.
Le voici, il est brun et ses yeux noisette lancent des reflets d’or.
Il a traversé une partie de Paris à la recherche d’une agence de tourisme qui l’inspirerait, il l’a enfin trouvé et il s’enfonce dans le bâtiment climatisé jusqu’au dernier bureau où réside une jeune femme aux cheveux court et aux mains envoûtantes.
Elle a la gorge sèche lorsqu’elle reconnaît en lui l’homme avec qui elle a dansé cette nuit, en rêve, c’est son portrait craché !
La jeune femme du rêve se trouve devant lui et son parfum est bien plus envoûtant encore que les mouvements légers de ses mains sur le bureau, elle lui demande « où souhaitez-vous aller monsieur ? d’une voix tremblante mais douce, enveloppé de naturel.
- Nous nous sommes déjà rencontré si je ne m’abuse ? lui répond-t-il
- Heu je ne crois pas !
- Mais si, vous allez rire mais en rêve hier soir, nous dansions vers les nuages tous deux enlacés. Face au silence gêné qui suit, il continue.
- Ce n’est pas ma phrase habituelle pour draguer, parce que je n’aime pas ça mais c’est vrai. Vous êtes cette femme, j’en suis sur, ce n’est pas une simple ressemblance.
- C’est fou mais vous êtes aussi l’homme de mon rêve. Mais vous vous trompez, cela fait deux nuits que nous nous voyons.
- C’est… impossible, vous avez eu les mêmes….
- C’est fou ! »
Ils finissent de fil en aiguille par échanger de numéro de portable sans plus, trop étonnés pour oser plus.
Il compte pourtant continuer sa vie sans changement, il part à deux jours à Venise le soir même, il a trouvé par Internet un vol abandonné par quelqu’un. Il lui donne tout de même rendez-vous dans un bar parisien le soir même de son retour, poussé par la curiosité.
Elle attend avec impatience depuis un jour déjà son retour mais elle ne sait pas ce qu’elle attend de lui : qu’il l’accompagne avec elle dans sa routine quotidienne (jamais il ne pourra), qu’il l’entraîne dans son quotidien plein de surprises (elle en a tellement peur mais s’il est prêt d’elle après tout….) ou encore qu’il passe son chemin, qu’il l’oublie, comme si rien ne s’était passé (jamais elle ne pourrai oublier cette fabuleuse rencontre !!).
C’est étrange pense-t-elle, elle ne l’a vu en réalité qu’une fois mais il compte déjà tellement pour elle car il est l’être qui a su la rencontrer là où elle ne l’attendait pas, dans cet empire où elle est toujours elle-même.
Il redécouvre la ville d’eau sous son soleil habituel mais la première surprise passée, la ville lui semble bien vite incroyablement fade, investie par les couples.
Au détour de chaque canal c’est démonstrations d’amour et longs discours amoureux.
Il ne peut s’empêcher de penser à elle, à cette folle rencontre et il finit par se demander où tout cela va le mener, il y a à peine 24 heures, il ignorait son existence et le voilà propulsé au rang de prétendant numéro un. A-t-il envie de tout changer pour elle et ses mains délicates ? De chambouler tout cela, de perdre sa liberté ?
Ces pensées le préoccupent ainsi toute la nuit durant, l’empêchant de dormir et de la retrouver. C’est peut-être une bonne chose après tout, elle sortira de sa tête comme ça. Mais non, car lorsqu’elle n’est pas dans ses rêves, elle hante ses pensées.
Le matin se lève doucement et il admire le spectacle mais sans joie, il lui manque quelque chose maintenant pour être heureux, il le sait. C’est elle qu’il veut près d’elle pour lui faire partager tout cela.
A quoi peut bien lui servir sa fameuse liberté s’il ne peut l’avoir près de lui ?
Elle attend dans le bar depuis dix minutes et elle n’arrive pas à s’enlever de la tête le rêve qu’elle a fait cette nuit : elle était seule, dans une plaine paradisiaque, mais terriblement vide et elle appelait Somerled mais seul l’écho lui répondait. Elle s’était réveillée avec une sensation de solitude intense et d’abandon. Elle se demande si son avion n’a pas été annulé, ça expliquerai son retard. Elle commence à angoisser, et s’il s’était écrasé ? Jamais elle n’aurait eu le temps de connaître la vie avec lui, rien, une page laissée blanche.
Enfin, le voilà, il a un duvet de deux jours qu’elle trouve tout de suite adorable, cela lui donne un air sauvage. Mais elle ne s’attarde pas trop sur son apparence et lui demande tout de suite comment s’est passé son voyage.
Elle ignore encore qu’il a décidé que Venise serai la dernière ville qu’il visitera seul et qu’il avait dans sa poche deux billet pour Edimbourg afin qu’elle découvre l’endroit où il se repose et gagne un peu sa vie entre deux périples, son « nid ».
Tout cela semble se passer sur un souffle, comme un rêve.
merci d'avoir tout lu pour les quelques courageux ;)
réactions à vos commentaires:
-pour vous répondre chère Jacqueline, le titre est tout simplement celui du billet à savoir: "rencontre onirique d'un voyageur d'été" et la personne qui l'a écrite c'est tout simplement moi: l'auteur de ce blog.
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:: Les commentaires des internautes
aucun
Posté par
jacqueline le 10.01.2008
je n'ai pas réussi à tout lire, à c't'heur.
Mais qui donc a écrit ce texte?
Quel en est le titre?
bravo
Posté par
carlina le 10.04.2008
j'ai bocoup aimé c'est plein de sentiments et personellement j'ador ce genre d'histoire
yora une suite?
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