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moonsun
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19.03.2006
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nouvelles

Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles

Posté le 23.08.2008 par moonsun
Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles

Aujourd'hui, chez internaute, je t'introduit la notion de suspens. Je ne te l'introduit pas dans les fesses, non, quoique, cela eu été marrant... Je te l'introduit ici avec cette nouvelle nouvelle (hahaha que d'humour chez moi, c'est hallucinant!) et "short story" pour les amis english (en plus bilingue!!! He oui... je fourmilles de talents cachés (un peu trop même...)).
Aujourd'hui même en ce jour béni du 23 août, en l'an de grâce 2008 et à l'heure fatidique 2h45, j'ai achevé ma nouvelle au titre non-explicite :
"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles" Cette célèbre citation du non moins célèbre Séneque n'est pas ici dans le but de vous faire penser "mais elle se la pète, pour qui elle se prend?", ni même "elle se sent plus pissé, ça y est, on l'a perdue..." mais juste parce que, à la fin de chaque nouvelle, le titre me viens tout seul et ici, c'est ça qui m'est venu. Qui plus est, ça illustre parfaitement, non seulement la vie, mais en plus ma nouvelle! Après ce syllogisme digne de mon ami Aristote, je vais vous laisser poireauter comme de la bouillasse infâme de sorcière avant de vous livrer mon pavé de merde à la fin du concours pour lequel il a été tout spécialement crée.
Mais comme je suis une salope modérée (si, si, MODEREE!n'en déplaise aux mauvaises langues) je vais vous faire un petit topos: Cléomara est une jeune fille qui entre dans sa dernière année de lycée, un peu_voir totalement_paumée elle tente de démêler tant bien que mal le fil_embrouillé_ de ses envies.
J'ai essayé ici de dresses pas une fresque (je déteste ça) mais un destin représentatif de notre parcourt. Et, plus largement du parcourt universel de l'homme qui avance à tâtons dans la vie, de l'homme libre, qui n'a que sa raison pour s'en sortir dans ce (bas paraît-il) monde.
Bon, sur cette note je vous laisse. J'ai hâte de voir les résultats de ma toute nouvelle expérience...Comment allez-VOUS réagir.... (faudrait-il encore que ce "vous" existe.... haaa cruelle destinée!)



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Nouvelle nouvelles

Posté le 26.05.2008 par moonsun
J'aurai du faire cette catégorie il y a bien longtemps, mais il n'est jamais trop tard pour mieux faire, le but de cette catégorie est de supprimer celle "écrit" qui était trop vague, les poèmes iront donc avec poésie et les nouvelles ici! Je garderai peut être la catégorie écrit si je vous soumet des textes d'écriture automatique mais je me tâte encore un peu... Alors voici, c'est nouveau (du nouveau avec du vieux aussi lol à bientôt!)

Rêves d'éléphants

Posté le 11.11.2007 par moonsun
Orient: si loin, si proche
Le train s’était arrêté quelques centaines de mètres avant la gare de Mahäbalipuram pour laisser passer une file d’éléphants travailleurs. Xavier en avait profité pour récupérer son sac coincé entre une cage à poules et un baluchon d’où s’échappait une enivrante odeur de menthe. Il avait suivi les rails chauffés par le soleil jusqu’au fenêtres, comme on le lui avait demandé dans la lettre à la signature illisible reçue quelques jours plus tôt à l’hôtel Majestic de Bombay. Il sentit tout de suite une présence dans l’obscurité. Un rayon de soleil se faufilai à travers deux planches disjointes, éclairant une silhouette. Xavier crut, un instant, être devant un miroir. A part le teint cuivré de sa peau, le turban qui dissimulait ses cheveux et le revolver qu’il tenait dans sa main, le garçon qui lui faisait face lui ressemblait trait pour trait…
L’inconnu se mit à parler d’une voix très douce, trop douce:
-Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire…
La voix était la même que la sienne, mais pas la prononciation: l’étranger roulait les r d’une manière bizarre qui n’était pas totalement inconnue à Xavier. Alors ce fut comme si, tout d’un coup, il y voyait plus clair, assez clair pour savoir que cet étranger était son frère jumeau, Chaksu!

Orient : si loin
Vingt ans plus tôt, Xavier et Chaksu naissaient dans un hôpital de Bombay ; leur mère, Vanmali, était née, comme eux, en Inde. Ce n’était pas en revanche le cas de leur père, Whiled, Polonais, natif de Varsovie ; Xavier et son frère étaient le résultat d’une malheureuse rencontre entre un volontaire de la Crois Rouge débarqué en Inde pour la prévention du sida et une jeune femme locale avec laquelle il avait deux enfants, des jumeaux. Tout aurait pu bien se passer : les jumeaux auraient pu être élevés en Inde ou en Pologne, cela aurait été tellement mieux que cette enfance sur deux continents entre lesquelles l’antagonisme était souvent palpable! Mais il fallu que leurs parents décidassent de se séparer en prenant chacun un enfant et de ne jamais se revoir, mais d’envoyer leurs enfants pour se rencontrer, une fois en Pologne, une fois à Bombay. Ainsi fut dit et ainsi fut fait : Xavier ne voyait son frère que de temps en temps durant les vacances. Entre temps, Chaksu et sa mère avaient déménagé à Mahäbalipuram. Sa mère prétexta que les tourments de la ville lui donnaient des vertiges, mais Wilhed se doutait bien qu’un homme était derrière cette décision…
En Pologne, Xavier était un écolier modèle et, qui plus est bilingue. En effet, si son père ne souhaitait pas revoir son ancienne compagne, il ne voulait pas que son enfant ignorât la langue de son pays natal! De son côté, Chaksu, apprenait le polonais tout en étant un élève un peu moins studieux, mais qui satisfaisait largement aux exigences de sa mère qui ne souhaitait pas avoir un fils docteur!
Xavier vivait très mal la séparation d’avec son frère ; en revanche, sa mère lui manquait beaucoup moins, non pas qu’il la tenait pour responsable de cette situation, mais elle n’avais jamais fait preuve d’un instinct maternelle exemplaire à son égard.
La vie en Pologne ne convenait pas vraiment à Xavier : son père était donc volontaire à la Croix Rouge, mais son véritable métier était de travailler dans ses bureaux toute la journée pour un salaire à peine convenable, et c’était pour échapper de temps en temps à cette vie ennuyeuse que Wilhed faisait ce « double métier ». Le seul problème était les missions organisées par cet organisme : il refusait de prendre son fils avec lui et le confiait « aux bons soins » d’une voisine alcoolique qui lui servait tout juste de quoi subsister. Pour toutes ces raisons, Xavier était très mélancolique et il aimait flâner dans les parcs en composant des vers. Se sentant délaissé, la poésie devint vite son seul exutoire… Il était très replié sur lui-même et plus les années passaient, plus il se renfermait. Il eut une adolescence très difficile et tourmentée par les moqueries de ses camarades, le délaissement de sa famille. Il pensait très souvent à son frère Chaksu et faisait tout pour ne pas perdre le contact avec lui. Mais, lorsque son père tomba malade et mourut, il se retrouva seul. Il avait alors dix-huit ans et était donc majeur, personne ne s’occupa de lui, il n’avait alors plus personne au monde… Sauf son frère! Il décida de partir à sa recherche sur le champ ; il dilapida le peu d’argent qu’il lui restait de son père et partit pour Bombay, au départ pour renouer avec son lieu de naissance, et puis de toute façon,les vols Varsovie/ Mahäbalipuram ne couraient pas les rues et il tenait absolument à partir le plus tôt possible. Il ne prit que le strict nécessaire, puis tourna une dernière fois son regard sur le petit salon qui était devenu lugubre de jours en jours depuis la disparition de son père ; non, il n’aimait pas cette expression « disparaître », les gens ne disparaissaient pas puisqu’ils mouraient… Pris d’une soudaine nostalgie, il se décida à quitter la demeure de son enfance, l’abandonnant elle et ses souvenirs au temps et au mépris.
Une fois dans l’avion, sa tristesse fut telle qu’il ne put réprimer une larme coulant sur le bord de sa joue : il allait quitter son pays, sa ville, pour retrouver un Orient qu’il était incapable de reconnaître sans son frère, il parlait un hindi qui sans son père n’avait plus aucun sens d’exister. Sa mère ; que dirait sa mère ? Cette mère qui n’avait pas su le voir grandir, serait-elle capable de l’aimer? Il ne les avait même pas mis au courant de la mauvaise nouvelle! Comment avait-il pu être aussi sot? Trop enfermé dans sa tristesse, il en avait oublié de prévenir sa mère! Et son frère, comment réagirait-il? Ce frère qui connaissait si peu son père! Lui-même ignorait tout de sa mère! Trop de questions tournaient encore dans la tête de Xavier lorsqu’il arriva de longues heures plus tard dans l’aéroport de Bombay. Il fut d’abord désorienté par cette foule, par ce bruit, par ces pensées incessantes qui le tourmentaient encore ; qu’il avait été inconscient! Comment pourrait-il espérer retrouver le restant de sa famille dans cette intensité grouillante qu’est l’Inde!
Il reprit cependant espoir lorsqu’il constata que tout dans ce pays ne lui était pas inconnu : les places portaient toutes les mêmes noms que dans ses souvenirs,les avenues et les grandes rues étaient restée inchangées : bien qu’étant un pays en pleine expansion, l’Inde gardait toujours un côté exotique et mystérieux.

Orient : si proche
De son côté, Chaksu tentait de devenir taxi à Bombay, il revenait souvent à la capitale pour assurer son avenir dans ce métier. Après avoir déménagé à Mahäbalipuram, sa mère lui avait présenté son « nouveau papa », Rahas, qu’il trouvait gentil mais un peu trop attaché aux traditions indiennes ; il faut dire que Chaksu connaissait l’Occident et le trouvait bien plus moderne que l’Orient. Il avait même envisagé de faire taxi en Pologne! Mais à quoi bon? Son père ne voulait pas de lui, sinon, pourquoi l’aurait-il laissé derrière lui en Inde tandis qu’il rentrait chez lui avec son autre fils? Il adorait les visites de son père en Inde, il aimait son accent indien un peu rouillé avec le temps ; en revanche, il n’appréciait pas tellement son frère, au début du moins. Après, ils apprirent à devenir bons amis, mais sans plus. Malheureusement, une fois qu’il eu atteint la majorité pour pouvoir travailler, la compagnie de taxi le refusa et il en fut de même pour toutes les autres. Il fallait se rendre à l’évidence : on n’avait pas besoin de jeunes dans ce métier… Sa mère et son beau-père entreprirent de nombreuses démarches pour l’aider à travailler, ils ne trouvèrent rien de mieux que cornac. Chaksu en fut scandalisé : il détestait le fait de devoir invectiver son animal tout le temps pour le forcer à traîner un tronc d’arbre et de participer ainsi à la déforestation de son pays. Non, non et non, il refusait ! On eut beau lui dire qu’il pouvait emmener des touristes visiter la ville, sa décision resta inchangée. Sa mère dut pleurer et beau-père s’énerver pour qu’il accepte finalement.
Pourtant, il décida de mêler la protection de la forêt indienne et de son métier de cornac : il rendrait les touristes, mais pour leur faire visiter la forêt afin de leur donner envie de la protéger! Deux mois plus tard, il avait acquis une jeune éléphante de trois ans qu’il affubla d’un nom occidental, Joanna, en pensant à la chanson de Serge Gainsbourg que son père lui avait fait découvrir. Joanna avait un tempérament doux et calme, elle n’avait jamais eu à faire à ces brutes qui dévastent la forêt, elle ne connaissait donc pas le fouet, les insultes, les coups et était presque étrangère à la souffrance pourtant si commune aux autres représentants de son espèce. Très vite, Chaksu s’accommoda de son travail et ne regretta même pas de ne pas être chauffeur de taxi. La vie coulait doucement ; et pourtant, il n’avait pas eu de nouvelles de son père et de son frère depuis des lustres, trois ans pour être précis et peu à peu, de jour en jour, l’inquiétude s’immisçait en lui…
Un soir, après une rude journée de travail, il entreprit d’aller au bar le plus proche pour se reposer un peu ; là-bas, on l’informa que quelqu’un le cherchait, un occidental. C’était un mauvais signe : ici, en général, lorsque les gens de cette sorte voulaient vous parler, c’était pour essayer de vous prendre vos terres, votre maison avec l’appui des lois toutes plus saugrenues les unes que les autres. Chaksu essaya de garder la tête froide mais la panique le ganga, il ne retrouva son calme qu’après avoir ingurgité deux verres copieusement remplis d’alcool fort.
« Ne t’inquiète donc pas, lui dit le barman, il suffit de l’éviter soigneusement! Tout ce que nous lui avons dit, c’est que tu travaillais dans la forêt comme cornac. Tu nous connais, on lui a pas dit où tu habitais, au cas où… Il nous a dit qu’il logeait à l’hôtel Majestic de Bombay, que nous devions te dire qu’il te cherchait.
-Il n’as pas dit quand je pourrai le voir?
-Tu sais, Chaksu, ces hommes-là, mieux vaut s’en tenir éloigné mais si tu veux le rencontrer, il m’a dit qu’il descendrait ici une fois par semaine… Jusqu’à ce qu’il te retrouve… En revanche, il n’a donné ni son nom, ni son prénom.
-Tu devrais vraiment t’en tenir éloigner! » déclara un homme du fond du bar. Pour Chaksu, c’était déjà tout décidé, il allait s’appliquer à éviter ce curieux personnage coûte que coûte
Cela fut beaucoup plus dur qu’il ne l’avait imaginé! Partout où il passait, on lui disait qu’un homme le cherchait, le même homme que celui dont parlait le barman. Il était sans cesse sur le qui vive, un rien le faisait sursauter. Il allait tous les soir au bar noyer son angoisse dans l’alcool avant de renter titubant dans sa maison vide, puisqu’il avait quitté la maison de sa mère depuis qu’il avait trouvé du travail…
Alors, un plan germa dans sa tête : se débarrasser de cet homme, l’élimine, le tuer! C’était sa seule chance pour préserver le peu qu’il avait de sa famille. Il n’en parla à personne, mais acheta un revolver. Il écrivit, d’une écriture nouée d’angoisse, une lettre à cet homme. Comme lieu de rendez-vous, il choisit un vieil hangar inutilisé près de la gare. Il cacherait le cadavre quelques part dans ces recoins obscurs où existent mille et une façons de se faire agresser, tuer, voler… Le jour même, il partit avant le lever du soleil bien qu’il eut donné rendez-vous à sa future victime à midi. Il marchait sur la route et, peu à peu, il redécouvrit la beauté du chant des oiseaux, de l’odeur de la mousse et de la caresse humide et délicate de l’air sur sa peau. Il rebroussa chemin et décida de prendre Joanna pour partager son émotion avec elle. La bête, sans rechigner, le laissa monter sur son dos et caler ses jambes près de sa tête avant de partir d’une démarche lente et assurée qui lui était habituelle. Juché au-dessus du sol, Chaksu pouvait mieux apprécier la diversité des arbres qui l’entouraient. Une fois arrivé à l’entrepôt, il vérifia si les deux balles qu’il avait achetées avec le revolver étaient bien en place ; il en enleva une : un homme, un vrai n’avait besoin que d’une seule balle pour éliminer son ennemi, c’est-ce qu’on lui avait dit! Il entendit d’abord des bruits de pas, puis il vit la prote s’ouvrir et une lumière oubliée emplir la pièce que la porte tournant sur ses gonds fit disparaître à nouveau. A cause de cette lumière éblouissante, Chaksu n’avait pas eu l’occasion de voir la tête de l’étranger. Le polonais étant la seule langue occidentale qu’il connaissait, il déclara d’un ton qu’il essaya de rendre convainquant, mais ce fut dur tant il tremblait de peur:
-Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire… » Sans même laisser le temps à l’escroc de dire quoi que ce soit, il tira. La balle atteignit la tête, Chaksu avait visé le cœur. Un rayon de soleil filtra par un trou et Chaksu put enfin discerner les traits de l’étranger : il avait des cheveux châtains, les mêmes lèvres que sa mère, le même regard bleu effaré que son père. Chaksu poussa un hurlement de désespoir, il venait de reconnaître dans les traits de cet étranger ses traits, les traits de son frère Xavier! Un petit rectangle blanchâtre se détacha dans le rai de lumière, c’était une lettre en hindi qui lui était destinée:
Chaksu, mon frère, les mots me manqueront sûrement pour te parler le jour de nos retrouvailles. Alors voilà, je t’écris! Papa est mort. Je suis venu ici pour vivre avec vous et pour vous le dire à maman et à toi, mon frère. Nous n’avons jamais été amis, mais sache que je t’aime quand même.
PS: Excuse-moi pour mon hindi, il s’est un peu rouillé avec le temps.
Xavier.
Alors, sans bruit, Chaksu glissa sa main nouée de remords dans sa poche et en sortir la dernière balle, la balle de l’espoir! Des larmes coulaient, amères et aigres sur ses joues ; il mit la balle dans l’objet de mort, l’approcha de son cœur et tira. Il put sentir sur son corps un liquide froid et chaud à la fois. Sa dernière pensée d’amour fut pour son frère, son dernier regret fut de ne pas s’être tiré dans la tête pour mourir comme lui, sa dernière angoisse fut pour Joanna.
Pendant ce temps, un moustique s’escrimait à piquer Joanna pendant qu’elle rêvait d’un monde sans hommes…..

FIN


et oui encore une nouvelle, plus vieille celle-ci et merci pour ceux qui sont allés jusqu'au bout! :)

Fille de l'air et de la terre

Posté le 04.11.2007 par Manon
Une nouvelle écrite il y a quelques temps le thème c'est la colère, vous l'aurez deviné^^

Fille de l’air et de la Terre:

Lorsqu’elle n’entendit plus le bruissement nerveux des feuilles, Andréa entra timidement dans la pièce voisine, son homme était assis devant une feuille blanche et la regardait avec une telle force qu’on aurait pu croire qu’il essayait de s’abymer en ce petit rectangle blanc, son teint mat en contraste avec ses cheveux peroxydés la fit sourire comme souvent, il tourna vivement la tête fort mécontent de la voir ici, dans son bureau, sans aucun motif, bien sur!
« Qu’est-ce qu’il y a encore?
-Je voulais juste te regarder travailler tu es tellement beau, mon cœur!
-Tu sais très bien que je n’aime pas ça, en plus je suis occupé! Va, occupe-toi, je ne suis pas le centre du monde ; quand j’écris, on dirait qu’il n’y a que là que je t’intéresse, à croire que tu en as rien à foutre de moi et que t’aimes me faire chier!
-S’il te plaît, ne recommence pas! Tu es coincé c’est ça, c’est ça qui te rend si méchant, mais faut te calmer mon pauvre, c’est pas de ma faute!
-Tu ne te rend pas compte que veux être seul… J’ai besoin d’être seul quand je crée!
-Comme tu voudras, il fut un temps où tu avais besoin de moi pour créer, j’était ta « muse »…Tu parles…
Elle partit bien vite pour cacher ses larmes. Vingt minutes après, elle était assise sur son lit, dans la piève d’à côté, lui cherchait toujours quelques chose pour noircir sa feuille mais la colère avait tué sa seule chance d’écrire quoi que ce soit… Elle attendait qu’il vienne s’excuser, mais à quoi bon? Il ne le fera pas et elle le savait. Andréa perdit patience, elle avait toujours cru que la patience lui ferait connaître le vrai amour mais là, c’en était trop. Elle prit ses affaires dans les tiroirs, l’armoire, la salle de bain, rangea tout minutieusement dans les valises et appela un taxi. Au moment de le lui annoncer, son estomac se noua, toute cette agitation l’avait empêché de penser aux mots qu’il allait falloir dire.
-Abel je pars.
-Quoi?
-Oui, je crois qu’on a tout essayé pour retrouver la beauté du début mais ça ne sert à rien… On ne peut plus vivre ensemble, on ne fait que se supporter ; laissons tomber!
-Tu dit ça comme ça, toi, mais tu ne te rend pas compte que tu ne fais aucun effort!
-Je ne pense pas que l’amour demande autant d’effort…Abel, le taxi est là, je vais chez Charlotte, ça nous fera du bien de nous retrouver toutes les deux.
-Ouai, c’est ça, casse-toi!
-Si tu le prend comme ça, c’est tant pis pour toi, tu m’as entendu : je pars, au revoir Abel… C’est fou, t’auras même pas été foutu de me dire adieu correctement…

Pour les peuples qui vivaient sur le sol grec il y a plus de deux mille ans, Colère était la sœur de Terreur, d’Habileté, de Dissension, des Mensonges, des Meurtres, de Peur, de Vengeance, d’Intempérance, d’Altercation, de Pacte, d’Oubli, de Fierté, de Combat ainsi que d’Océanos, de Métis, des Titans, du Tartare et des trois Érinyes qui tous furent engendrés pas l’Air et la Terre Mère durant leur union au moment de la création du monde.

Mais chez Charlotte, ce n’était pas la joie non plus et ce fut un bruit de vaisselle cassée qui accueillit Andréa.
Charlotte était dans la cuisine avec sa mère qui ressassait encore une vieille histoire d’études arrêtées trop tôt, de loyer à payer… Comme à son habitude lorsqu’elle était en colère, Charlotte s’excitait sur sa vaisselle sa mère finit par claquer la porte, laissant à peine le temps à Andréa de se cacher dans le jardin car elle n’avait pas envi de subir encore les retombées de la colère de quelqu’un. Elle attendit donc, elle revint sur le palier, ses affaires à la main et voilà que la pluie commença à tomber. Cependant, à l’intérieur, Charlotte semblait s’être calmée: elle ouvrit soudainement la porte, une poubelle à la main ; Andréa qui était adossée à la porte chuta à ses pieds, risquant de la faire tomber. Charlotte regarda l’intruse sur le palier de sa porte venant d’attenter à sa vie et y reconnut sa meilleure amie, ouvrit les yeux tout ronds, laissa échapper un « Qu’est-ce que tu fous là? » puis éclata de rire devant le ridicule de la situation. Quelques minutes plus tard, elles étaient toutes deux dans le salon et parlaient. Andréa, toute penaude, expliqua son comportement ce qui eu pour effet de faire rire son amie, la soirée se passa bien entre rires et larmes et Andréa fut invitée à rester tant qu’elle en aurait besoin dans la petite maison qui semblait bien déserte à Charlotte depuis que sa petite minette était morte.
Le matin se leva timidement sur le brouillard courant de ce côté de la région parisienne, pourtant Charlotte se leva, se prépara et laissa un petit mot à Andréa « Je pars au travail et oui, feignante, y’en a qui bossent, je te laisse le double des clefs, fais comme chez toi et passe une bonne journée.
Ta tortionnaire préférée. »
Elle arriva chez son premier « patient », la famille Ranton , composée d’Henriette et de fils, Boris. Elle entendit comme d’habitude la voie d’Henriette crier à travers l’appartement « va ouvrir à l’assistante sociale! », la tête carrée de Boris apparut entourée de mèches brunes éparses.
« Tu , n’es pas au collège aujourd’hui Boris? Questionna doucement Charlotte.
-Non, non parce que maman se sentait pas bien alors j’ai préféré rester.
-Tu avais des contrôles prévus?
-Non, mais je compte y aller cet après-midi, je mange et je pars directement.
-Je peux t’emmener si tu veux, je passerai te prendre à midi, tu commences à midi et demi, c’est ça?
-Mmm mais ne vous dérangez pas pour moi…
-Ça ne me gène pas. La mère e Boris fit irruption dans le petit salon miteux essoufflée, le chignon à moitié fait, une bouteille à la main.
-Vous en voulez un peu?
-Non merci, je vous ai déjà expliqué que je n’ai pas le droit d’accepter ; vous buvez encore?
-Justement, c’est pour ça qu ejido demandé à Boris de rester ce matin au moins, j’avais envie de reprendre, vous voyez, j’ai préféré de pas rester seule…
-Oui, je comprend maintenant, l’envie est passée?
-Oui à peu près, je vais jeter cette bouteille, c’est la dernière, vous savez…
-Vous voulez que je vous aide, on fait ça tous les trois, ensembles?
Madame Ranton acquiesça et, lentement, laissa le liquide marbré glisser dans l’évier. Lorsque ce fut fini, elle laissa échapper un long soupir et sourit.
-Ça m’enlève un poids, vous pouvez pas savoir!
-Vous êtes courageuse madame Ranton, je repasserai, soyez forte, rien n’est totalement fini ; à midi, Boris.
-A midi!


Le vent souffle sur l’arbre qui semble se contorsionner de douleur, faisant ainsi chanter toutes ses feuilles sous la respiration saccadée de la bourrasque, les branches craquent et l’écorce striée et brune se déchire dans un bruit de fin du monde laissant une énorme plaie claire béante. Les animaux ont arrêtés leurs activités et se tiennent silencieux dans le sanctuaire de la colère du ciel. La peur envahit les cœurs, une sensation de fin proche dans ce calme tout relatif, car le vent se déchaîne et les arbres, eux, tentent en vain dans leurs gesticulations grotesques de ne pas tomber sur leurs frères, c’est la débandade chez ces géants d’ordinaire si calmes et posés.

Le jeune homme ouvrit la portière de la voiture sans un regard en arrière vers sa mère qui lui faisait un signe d’au revoir.
-Alors ça va mieux depuis la dernière fois?
-Heu oui.
-Ta compétition s’est bien passée?
-Celle de la dernière fois, c’était génial ! J’ai fini troisième et on m’a rien cassé cette fois!
Elle ne put réprimer un gloussement avant de reprendre son sérieux, il ne sembla pas remarquer l’interruption et continua.
-Ça me défoule, vous aviez raison mais je lui en veux tellement, j’ai l’impression de lui en vouloir toujours autant…Ça me rongeait avant, maintenant cette colère me permet de me battre. La boxe, c’est vraiment ce qu’il me fallait mais tout reste, vous comprenez?
-Oui. Avant tout, je doit te dire que c’est normal, cela fait à peine deux ans que ton père est parti, il est donc normal que tout cela te semble long mais tu as déjà fait un grand chemin en deux ans, quoi que tu dises et ta mère aussi ; ça n’a pas été facile pour elle mais regarde : elle s’en est sortie.
-C’est vrai…Arrêtez-vous là s’il vous plaît, c’est ici le collège! Elle arrêta la voiture en double file et il descendit après un bref signe de la main en guise d’au revoir. Elle s’assura qu’il rentre bien dans l’édifice gris béton avant de repartir ; il traversa le hall d’un pas rapide, passa au bureau des surveillants pour justifier l’absence puis se dirigea vers la salle de cours. Il était presque en retard, il entendit les rumeurs autour de lui et Ranma, sa voisine de maths, lui demander la raison de son absence.
-C’est rien… Elle le regarda longuement mais n’insista pas. Le cours commença mais Boris n’arrivait pas à se concentrer, comment cela se faisait-il qu’une heure de cours semble interminable alors qu’une heure dehors ou à la boxe passait comme un souffle? Il maudit le collège qui divisait tout en heure qui se voulaient précises et concises et qui coupaient la vie humaine à grand coup de soixante minutes prophétiques, sacro saintes dans le système éducatif. Il se rendait bien compte de l’inutilité de cette pensée noire mais elle l’occupait pendant cette tranche de temps plus longue que les autres. Il regarda Ranma qui écrivait, penchée sur sa feuille de cours, ses cheveux noirs foncés s’arrêtaient juste au niveau de sa nuque, elle avait un nez un peu trop long peut-être mais des yeux noirs envoûtants ; Boris ne la connaissait pas tellement mais elle avait toujours été gentille avec lui et il avait essayé de ne pas être trop désagréable en retour et il n’était pas indifférent ses yeux couleurs nuit autant qu’elle n’était pas insensible au charme de ses cheveux en bataille. Il la contemplait, plongé dans ses réflexions, lorsqu’elle remonta la manche de son pull qui avait trempé dans l’encre, alors Boris put voir pleinement les griffures rouges sur tous les avant-bras de la jeune fille.

La marque rouge dévore la forêt à une vitesse grandissante, les quelques habitants de l’immensité verte regardent leurs habitations détruites par la folie de la nature, tous sont médusés de cette colère si brusque, si soudaine… et si destructrice.
Ils ne pensent pas que ce feu a couvé avant d’être aussi puissant et qu’un feu permanent couve aussi en eux.
Le bois vert suinte et laisse échapper une fumée noire. Le bois mort, lui, en revanche, brûle rapidement tuant les animaux qui s’y étaient réfugiés, les fourmis courent frénétiquement cherchant une issue, les oiseaux qui ont eu le temps de s’envoler cherchent à échapper à la vague rouge pour reconstruire un foyer et tout recommencer depuis le début en oubliant les jeunes œufs, les petits oisillons, les conjoints.

Ranma se rendit compte quelques secondes avant les fin des cours la mégarde qu’elle venait de commettre, elle jeta un regard angoissé autour d’elle en rabattant vivement ses manches sur ses bras encore douloureux mais apparemment il n’y avait que Boris qui s’en était aperçu. Pendant l’intercours, elle entraîna Boris dans un coin tranquille et le supplia de ne rien dire, à personne! Il semblait soucieux, elle commença à prendre peur mais il lâcha une phrase qui la toucha « je suis là, tu sais, on se connaît pas beaucoup mais je suis là et ce n’est pas possible que tout le monde soit contre toi! » Elle lui répondit un peu trop vite peut-être: « Parfois j’ai l’impression qu’il n’y a que moi qui est contre moi. » Puis elle partit bien vite. Le reste de la journée, elle évita Boris et rentra directement chez elle. Là, elle s’enferma dans sa chambre et repassa les éléments de la journée dans sa tête une première fois, puis elle sortit son compas et entreprit de se faire une entaille à chaque mauvaise réaction qu’elle avait eu, comment avait-elle pu être aussi bête? Comment? En plus elle n’avais pas d’amis, tout le monde s’en foutais d’elle… Mais non, ce qu’à dit Boris est la preuve même que c’est faux! Sur cette pensée, elle arrêta la rage autodestructrice, regarda ses bras sanguinolents et éclata en sanglot, comment avait-elle pu se détruire à ce point pour rien??? Comment? Elle pris l’annuaire, le nez encore coulant et composa le numéro de Boris en priant pour tomber sur lui. La voix du jeune garçon résonna dans le combiné et son cœur se mit à battre plus fort.
« Allo, c’est bien Boris n’est-ce pas?
-Oui… Ranma?
-Oui, je… Je tenais à te dire que je vais arrêter tout ça.
-Mais oui c’est ça…
-Je te le jure!
-Mais quand?
-Dès maintenant.
-C’est vrai?
-…Oui je vis faire tout mon possible! A demain. Elle hésita puis lâcha à la hâte
-Bisous! » Avant de raccrocher le combiné le cœur palpitant comme après une heure de course, le sourire aux lèvres.
Le lendemain, c’était déjà samedi et Ranma se retrouva seule chez elle, son père était parti travailler, sa mère aussi et son frère qui travaillait de nuit n’était pas encore rentré, sûrement parti faire une « virée » avec ses amis. Elle sortit et prit le chemin qui la menait directement chez son psychologue, monsieur Camille Cronin, qui l’attendait comme à son habitude dans son petit bureau aux meubles noirs. Ranma avait toujours trouvé le contraste étrange entre ces meubles noirs comme la nuit et a jovialité de son psy! Elle frappa ; comme à son habitude, il tait là et noircissait une feuille.
« Assied-toi, tu as recommencé depuis la dernière fois?
-A vrai dire, oui, trois fois.
-Et peux-tu me dire pourquoi? Dit-il sur un ton sans reproche mais plutôt soucieux.
-Je ne crois pas que ce soit ça qui soit important.
-C’est pourtant la raison de ta venue ici depuis un certain temps maintenant.
-Oui, c’est vrai mais ce qui compte à mes yeux, c’est que j’ai décidé d’arrêter pour de bon. Parce que, en fait, ce que je cherchais en me faisant mal c’était à me « punir » parce que je ne méritais pas l’estime des autres et que je n’arrivais pas à l’obtenir ; du moins, je croyais, jusqu’à ce qu’un garçon de ma classe très gentil ne s’en aperçoive et là, il m’a dit que je pouvais compter sur lui. C’est tout bête comme phrase, je sais, ça n’engage à rien mais, secrètement, je crois que c’est ça que j’attendais.
-Je vois… Mais pourtant, tout cela, ta mère te l’a dit avant de te « confier » à moi alors, à avis, pourquoi n’as-tu pas réagi à ce moment?
-Je n’était pas prête et puis surtout j’avais l’impression que je n’arrivais pas à sortir du cercle familial, à m’adapter dans la société. Tout est faussé avec la famille : ils sont obligés d’aimer, de protéger, etc. Je sais que ce n’est pas toujours vrai, mais dans ma tête, c’est cela. Je n’avais donc aucun mérite à être aimée par ma mère, mais ce garçon n’est pas de ma famille, il n’était pas obligé de dire ça, vous comprenez?
-Oui, je comprends que ce petit galopin a fait mon boulot… Il gloussa avant de reprendre son sérieux.
-Je suis fier de toi et te félicite. Maintenant, nous allons tout de même continuer de nous voir car on ne sait jamais ce qui peut arriver et une guérison n’est pas forcement facile…. » Son corps acquiesça mais son imagination emportait le reste de son être loin, très loin dans un futur où elle serait heureuse : où elle arrêterait de faire ces affreux rêves où elle allait nue dans toute la ville, un futur où elle aurait des amis et un bonheur sûr et peut-être… Boris, qui sait? Aussi, quand la sonnerie du téléphone retentit, elle sursauta comme une pile électrique.
« Oh, excuse-moi, je n’attendait pas d’appel!
Allo? … Ha Ena! Non, oui, je suis avec une patiente… Ha, ha bon, bien désolé donc à la prochaine! He oui, tant pis, allez porte-toi bien d’ici là!
Excuse-moi encore Ranma… »

Maman a dit qu’elle a pas le temps de jouer avec moi. C’est pas juste, moi je veux jouer, elle doit « cuisiner » mais j’aime pas manger, je préfère jouer! Pourquoi elle n’aime pas, c’est pas juste, elle a pas le droit de pas m’aimer, et puis je veux jouer, je veux jouer! Si c’est comme ça, je boude, je vais casser quelque chose pour qu’elle me voit à nouveau, plus comme si j’était une vitre et puis qu’elle m’aime et qu’elle me prenne dans ses bras et qu’elle me dise « je t’aime monchou » et qu’elle joue avec moi!

Ena raccrocha un peu dépitée de ne pas avoir pu parler plus amplement à son ami avant de partir pour son voyage dans le fin fond de l’Érythrée, ce pays d’Afrique coincé entre le Soudan, l’Éthiopie et la Mer Rouge. Elle était psychologue elle aussi, elle avait rencontré Camille dans un congrès. Elle allait là-bas car elle était chargée d’aider les femmes d’un refuge pour femmes battues parties à temps.
Elle avait tout de suite voulu aller travailler en Afrique, pour faire une vraie action humanitaire, elle retournait rarement en France et traversait l’Afrique de long en large pour aider les populations.
Elle partit donc et découvrit là-bas des femmes brisées non seulement physiquement mais psychologiquement aussi. Certaines avaient réussi à partir avec leurs enfants, d’autres non : c’était elles qui pleuraient doucement la nuit en murmurant le nom de leurs enfants et cela créait un chant, un chant pour ne pas oublier, pour que les petits restent quelques instants encore dans l’esprit de leur mère esseulées. Et la nuit, elle aussi pleurait, la journée elle se révoltait, elle mettait toute son énergie dans son métier et essayait de redonner goût à la vie à ces femmes qui avaient tout perdu. Son travail n’était pas que celui de psychologue, elle aidait aussi à l’infirmerie, etc., car partout, le personnel manquait mais pas la bonne volonté. Ena pleurait de rage parfois devant tant de misère due aux hommes, comment pouvait-on traiter des êtres humains de cette façon? La colère et la frustration lui tenaient compagnie en permanence.
Un jour, on lui demanda d’aller jusqu’à la « grande ville » de Mersa Fatma qui était située à 200 kilomètres plus au nord du village où ils se trouvaient pour chercher une femme en détresse qui avait réussi à les joindre et à leur demander de l’aide. Elle prit donc la voiture de service et partit, elle trouva avec quelques difficultés la dénommée Durah qui vivait avec son fils Dajan et qui demandait de l’aide afin de ne plus être sous l’emprise de son mari ; elle parlait le Tinbrinya, tout comme Ena.
« Merci encore d’être venue, je ne sais plus quoi faire, aujourd’hui encore il va revenir, c’est sûr et il va recommencer à boire, à frapper Dajan puis moi. Les voisins le laissent faire et ne m’aident pas ; je ne savais plus quoi faire…
-Vous avez eu raison de nous contacter, mais nous ne pouvons rien pour vous tant que vous restez ici, il faut nous suivre dans le villa où nous sommes installés.
-Et la maison?
-Je sais que c’est dur, mais c’est la seule solution maintenant, il va falloir tout recommencer à moins qu’un arrangement à l’amiable soit encore possible…
-Jamais il ne voudra. Vous comprenez, je fais ça pour Dajan surtout, s’il n’y avait que moi, je resterais mais je ne veux pas qu’il grandisse comme ça.
-Je vous promet que vous aurez tout ce qu’il vous faut là bas, il y a même une école pour lui sans compter l’aide psychologique, l’infirmerie, etc.
-Je n’ai pas vraiment le choix… Dajan, prépare un thé à…
-Ena!
-A Ena, pendant que je prépare les paquets!
Le garçon devait avoir 8 ans environ. Ses cheveux crépus étaient noués en plusieurs petites tresses qui formaient des carrés sur son cuir chevelu, il n’avait pas encore perdu le sourire sous le coup de son père mais ses yeux n’avaient plus le reflet de bonheur d’innocence qu’ils auraient dû avoir.
Finalement, quand Durah eu finit de faire ses bagages, ils partirent.
Devant le silence gênant qui s’installait, Ena préféra engager la conversation sur sujet neutre.
« Vous avez de beaux prénoms par ici, je trouve.
-Un prénom est un prénoms, répondit Durah, ce qui est beau, c’est-ce qu’il se cache.
-Et que cachent les vôtres?
-Celui de mon fils veut dire « ciel d’orage » et le mien « perle ».
Un long silence s’installa avant que Durah ne demande:
-Et le vôtre, que cache-t-il?
-Le mien cache une graine.
-Une graine d’espoir et de naissance peut-être?
-Oui, peut-être. »
Puis, aucun d’eux ne décrocha la mâchoire du voyage qui sembla plus long encore à Ena que l’aller. Le paysage morne défilait devant leurs yeux et semblait ne pas avoir de fin.
Lorsqu’ils arrivèrent enfin au village, les préparatifs pour le repas du soir avaient déjà commencé et des nuages menaçants pointaient, l’air était lourd et étouffant. Dajan qui s’était sauta de la voiture et commença à faire un tour dans le village.

La colère naît d’un sentiment d’injustice profond qui monte en l’être et se meut en puissance plus ou moins destructrice. Ceux qui ne savent l’utiliser, comme s’utilise chaque faiblesse, sont vouées à souffrir et à se détruire.
La colère blesse, tue, meurtrit, détruit mais elle permet aussi un départ nouveau.
L’homme est faible et tiraillé par ses pulsions mais il ne peut vivre sans colère ; pourquoi? Car elle est parfois la seule à faire éclater la vérité.

L’enfant passait inaperçu au milieu des autres, il marchait machinalement, la tête baissée, il regardait l’herbe jaunie et soulevait la poussière à chacun de ses pas et il imaginait que bientôt, elle coulerait et deviendrait de la boue sous l’orage qui se préparait. Il arriva à la sortie du village, toujours plongé dans ses pensées. Il pensa à la tête de son père quand il trouverait la maison vide, sans les affaires de sa maman et les siennes. Il pensait à la colère qu’il aurait sans pouvoir les taper et cela le fit rire. Puis il repensa à l’autre soir, quand maman pleurait et suppliait papa de ne pas taper, de plutôt la taper elle. Il se souvenait aussi du jour où papa était rentré saoul et qu’il les avait fait dormir sur le pas de la porte parce qu’il avait dit qu’ils puaient.
Non, Dajan n’oubliera pas la morsure des coups que l’on ne peut éviter ni les pleurs étouffés de sa mère quand elle entendait son mari rentrer.
L’orage éclata brusquement à ce moment-là, mais il n’effraya pas Dajan qui se mit à courir, courir sous pluie de telle façon que, bientôt, il fut trempé jusqu’aux os mais la pluie était tiède et douce, le tonnerre faisait trembler le sol et chaque coup était plus violent que le précédent. Dajan était loin du village maintenant, il arriva sur une bute qui surplombait un bois ; de là, il voyait la tempête s’étendre sous ses pieds et secouer les arbres qui semblaient soudain animés de vie. Les animaux s’étaient tus et l’eau coulait en ruisseaux emportant la boue avec elle. Dajan pensa que bientôt, l’orage allait cesser, que les arbres allaient redevenir silencieux et que son père ne le taperai plus. Alors Dajan cria, un cri pour sa mère, pour toutes ces mères qu’il avait vues au village et pour leurs enfants et pour lui aussi, il cria la colère qu’il avait et qu’il ne voulait plus, il cria et l’orage peu à peu cessa. Tout redevint calme.
Dajan se tut, rebroussa chemin les pieds pleins de boue.




merci à ceux qui vont au bout :)

Du rêve au conte

Posté le 03.11.2007 par manon
alors là, je suis désolée mais on touche le fond c'est vraiment merdeux au possible mais c'est finiiiiiiiiiit et ç me soulage énormément lol alors voilà si je le met ici c'est surtout pour avoir des critiques et peut être un peu de correction orthographique et gramaticale car je criant que ce ne soit pas top (ça aussi)!



Du rêve au conte:

Vous marchez, ou marcherez, ou avez forcement déjà marché sur un chemin sans trop savoir pourquoi, l’esprit tourmenté par une seule et même question : « M’aime-t-elle ? » oui, vous aime-t-elle cette personne pour qui vous avez cherché à être meilleur, celle qui fait bondir votre cœur et fait parcourir à votre esprit des kilomètres juste pour trouver un coucher de soleil, celle-là même qui vous fait marcher en ce moment et douter. Alors, au bord de ce chemin, vous ramassez une pâquerette et l’effeuillez machinalement en plasmodiant : « Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ». Pensez-vous seulement à l’histoire de cette petite fleur, moi je vais vous la conter, c’est une histoire qui a traversé les âges, les mondes.

Tout remonte au temps des rêves. Cette galaxie (car s’en était une) était constituée de minuscules planètes très proches les unes des autres. Chaque habitant de cette galaxie possédait sa planète et, lorsqu’il mourait, c’était le plus fort qui l’emportait et bien souvent c’était le géant Junitus qui les récupérait, il en possédait un monceau. Junitus était une masse difforme composé de divers appendices qui appartenaient à ses victimes, son histoire à lui est tout sauf claire, était-ce seulement un « il »? Il vivait seul avec sa fille qu’il avait eu par hasard en mangeant une étrange plante. Cette fille était plus blanche que les plus purs nuages, son long bec d’un gris tout nouveau brillait au clair de leur 3e lune, ancienne possession du monde de Junitus. Cette petite au nom d’Akhunwia possédait deux ailes adorablement douces qui cachaient la même peau laiteuse qui recouvrait tout le reste de son corps. Et lorsque les futures victimes de Junitus le complimentait sur le beauté de sa progéniture ce dernier répliquait simplement: « ce n’est qu’une ornithorynque blanche ailée » avant de croquer la créature qui avait proféré ce compliment.
Tout autant que Junitus avait le cœur noir, cette enfant était la gentillesse même. Elle vivait dans une antre avec cette horrible créature. Elle se sentait bien seule et ne s'habituait pas à la cruauté de son père, jamais elle ne sortait, de peur d’être dévorée à son tour pour venger tous ceux qu’avaient manger et torturer son père. Cette grotte sinistre possédait un orifice par lequel passait les rayons de la 3e lune lorsque celle-ci était à son zénith, elle passait ainsi la nuit à demander à la lune de lui conter les histoires merveilleuses du pays où elle partait lorsque le jour ce levait mais la lune, trop vaniteuse préférait rester muette à ses prières. Pourtant la petite Akhunwia jamais ne se lassait de regarder cette grande sphère argentée si bien que ses yeux en prirent le brillant et la passion.
Elle grandit comme cela et resta la bonté d’âme de sa prime jeunesse. Bien souvent, elle tentait de sauver un pauvre bougre mais jamais le monstre qui vivait avec elle ne prêtait attention à ses arguments, et bougonnait que cela l’empêchait de bien digérer.
Elle continuait tous les soirs à regarder la lune qui l’avait finalement prise en amitié et lui murmurait parfois les plus beau poèmes d’amour que les amoureux se faisaient lorsqu’elle était pleine. Aussi, lorsqu’ Akhunwia s’endormait la tête remplie de douces paroles, elle était toujours réveillée par les cris d’horreur des victimes de son père qui lui déchiraient aussi bien les tympans que l’âme .
Un matin elle s’éveilla et sentit tout de suite le regard de l’Homme sur elle. Ce regard n’a rien à voir avec celui des autres créatures, il est transperçant, il a quelque chose de froid et de plus animal que tout ce que le règne animal peu faire à lui tout seul. Le vert d’une jungle qu’elle n’avait jamais connue se reflétaient dans ce regard, la peau de cette bête était nue, quelques poils parsemaient tout le corps et cachaient certaines parties plus alambiquées que d’autres. La peau en elle-même était brune de la même couleur que la terre trop ensoleillée. La créature fixait Akhunwia qui, en un regard sut que toute sa bonté irait dorénavant vers cet être, quoiqu’il fasse. Mais elle savait déjà ce qu’il faisait dans la sombre caverne, tous ce qu’elle avait vu de vivant jusqu’ici avait finit dans l’estomac de son créateur, mais cette fois-ci elle ne pouvait s’avouer vaincue sans rien avoir tenté, sans avoir tout fait pour qu’il survive. Elle cherchais désespérément un moyen, Junitus allait lui arracher la tête lorsqu’elle le stoppa en lui criant « Attendez, cela fait aujourd’hui mille lunes que je suis avec vous, accordez-moi une faveur… » Le monstre tourna la tête mais ne lâchât pas sa proie pour autant. « Laissez-moi cette créature, elle sera mienne et sa vie m’appartiendra, vous avez encore beaucoup de proie dans vos autres mondes, je le sais, je vous en prie! » Il posa la chose à terre et la fit glisser vers elle en grognant: « Tes arguments m’amusent mais ne croit pas qu’il soit sauvé à jamais, demain je le mangerai puisque demain ne sera pas un jours spécial pour toi, petite chose. » Akhunwia n’eut pas la joie de savourer une victoire totale sur le destin mais elle avait sauvé cette créature qui n’avait émit aucun son jusqu’ici mais tremblait malgré elle de tous ses membres. La nature humaine n’a pas changé, depuis les siècles elle est la même, aussi cela ne vous surprendra pas que l’Homme sans même remercier celle à qui il devait la vie se mit immédiatement à se lamenter sur son sort qui était bien triste. Akhunwia fut totalement désarçonnée, comment un regard si pur pouvait-il cacher si peu de gentillesse spontanée? Elle fit pourtant un effort et réconforta son protégé. Elle était fort intriguée par cette nouvelle espèce de créature. C’était la première fois qu’elle en voyait. Et pourtant elle en avait vu passer des choses entres les membres de son père avant de passer dans sa mâchoire! Aussi elle ne put résister à sa curiosité et lui demanda quels étaient ses parents. Il lui répondit qu’il était fils d’un père serpent et d’une mère pomme. Akhunwia ne put s’empêcher de remarquer qu’ils avaient en point commun une « mère » d’origine végétale. Pourtant elle n’eut pas le temps de s’appesantir sur cette similitude car il était pressant de trouver une solution pour sauver cet créature « homme » au beau regard. Elle s’autorisa une dernière question: son nom, quel était-il? Giordano lui répondit-on, que c’était doux…. Mais le temps presse, vite! Il fallait commencer par préparer une évasion et partir loin des mondes qui appartenaient à ce monstre ou s’y cacher un moment. Or les seules possibilités qui s’offraient à eux étaient de remonter le long des parois de la caverne afin d’atteindre la sortie par l’orifice d’où Akhunwia voyait la délicate lune tous les soirs ; ou bien s’enfuir par la sortie principale lorsque Junitus serait parti chercher une autre victime. Il ne tarda pas beaucoup mais mettre en mouvement son énorme masse était chose de plus en plus ardue et, lorsqu’il fut réellement dehors et assez loin, le soleil était déjà haut. Akhunwia et Giordano prirent leur jambes à leur coup. Mais pour aller où? Tout ce qu’Akhunwia savait de ces mondes, c’était ce que la lune lui avait conté. De plus, elle n’était pas habituée au soleil, elle le voyait de loin jaune et tout puissant, il lui brûlait cruellement sa peau diaphane mais elle continuait de papillonner au-dessous de lui ignorant ces désagrément physiques. En s’élevant un peu elle aperçue un bosquet assez touffu pour les cacher aux yeux de son monstre de père, ils ne pourraient pas y passer là nuit, mais ils pourraient s’y reposer en attendant le coucher du soleil et le lever de la troisième lune qui les guiderai vers un lieu sur. Ils arrivèrent à « bon port » le souffle court et la peau totalement brûlé pour Akhunwia ce qui n’était pas le cas de son protégé qui l’avait juste d’un brun de bois jeune maintenant. Il sembla se rendre compte de la douleur de sa protectrice il lui appliqua un peu d’argile fraîche sur son petit dos blanc en lui susurrant qu’elle était la seule qu’il puisse aimer et que jamais il ne pourrait assez la remercier. A ce moment elle crut que son cœur allait exploser de tout ce bonheur si nouveau, si soudain et non mérité à ses yeux. Elle le cru tout simplement sans même penser que des mots restent des mots. Ils s’assoupirent l’un contre l’autre quelques heures et se fut le doux chant de la lune qui les éveilla. Akhunwia, immédiatement, conta ses malheurs à sa chère amie et lui pria de leur indiquer un chemin menant vers un endroit sur. La lune modifia totalement son parcourt pour eux, pour éclairer leur chemin, et les conduisit loin, très loin, là où elle n’avais jamais entendu parler de Junitus. Ils arrivèrent dans un pays sec aux habitants étranges mais cela leur convint un temps. Jusqu’à ce qu’ils entendent parler d’un géant informe au corps noir et flasque qui menaçait de prendre le monde où ils se trouvaient alors ils durent à nouveau mettre fin à leur idylle qui pour eux était passée comme un souffle. En effet, Akhunwia s’était faite aux caprices de l’Homme et le servait de la façon la plus charmante qui soit égayant sa vie de bonheur et de caresses. De son côté il lui arrivait de la gratifier d’une paroles gentille qu’elle prenait pour une déclaration enflammée et cette histoire au fond n’était rien de plus que le fruit de l’imagination du pauvre oiseau. Pour cette seconde fuite, ils firent les choses grandement et en prièrent carrément la lune leur permettre de monter sur elle. Ainsi, ils arrivèrent dans un pays verdoyant et inhabité cette fois. Mais Junitus les rattrapa; il faut dire qu’il les cherchait, il imaginait la chair de sa fille tendre à souhait et celle de l’homme, fort comestible! Giordano refusa la fuite cette fois, exigeant de celle qu’il appelait sa « tendre » qu’elle trouve un moyen de se battre contre la chose qu’était Junitus. Alors ils marchèrent jusqu’à trouver une forêt là ils coupèrent l’arbre le plus robuste, le taillèrent et l’endurcirent en brûlant le bout du pieux ainsi formé tout comme le fera un héros après eux. Akhunwia avait dans l’idée que si l’on perçait l’immense panse de son père, ce dernier redeviendrait minuscule comme à sa naissance et ne pourrai plus nuire, perdant ses pouvoirs. Ils s’approchèrent du monstre et enfoncèrent le pieux dans son ventre la bête émit un suintement suraigu insupportable et commença à se dégonfler petit à petit mais un morceau plus gros que les autres vint bientôt boucher le trou, stoppant ainsi l’hémorragie. Le monstre, couché par terre, laissa tomber d’une voix rauque « Ce n’est pas comme ça que tu m’arrêteras. Tu ne peut pas. » sur ce, il effectua lentement un volte face afin de panser sa blessure qui était tout de même conséquente. Les amants restèrent un instant là, ahuris avant que Giordano ne se reprenne: « Toi qui a vécu avec lui durant un certain temps et qui est sa fille, tu devrais savoir comment le détruire!
-Mais je n’en ai aucune idée! Répliqua l’extravagant animal.
-Cherche, il a bien une faille! »
La question se posa donc à elle encore une fois: « comment détruit-on un monstre? »
Puisque son corps était invincible pour ainsi dire, fallait-il conter toucher son esprit? Pas par la pitié en tout cas, elle avait déjà tenté et voilà le résultat! Non, il fallait essayer de lui montrer l’intérêt qu’il avait à les laisser en vie elle eut alors une idée horrible, une idée qui ne lui aurait jamais effleuré l’esprit si elle fut restée seule dans sa caverne. Elle en fit part à son bien aimée qui, bien qu’un peu horrifié ne décida de voir que l’avantage de ce procédé et ils s’endormirent l’un contre l’autre, soucieux.
Le lendemain, alors que le soleil était déjà haut, Akhunwia s’avança courageusement vers la niche où s’était affalé son père blessé en attendant d’être assez fort pour reprendre sa poursuite. Elle lui parla à peu près en ces termes:
« Père, ceci est un marché que je voudrait te proposer.
-Parle, je t’écoute, je n’ai que ça à faire.
-Tu étends ta puissance de plus en plus loin, vers des mondes où, parfois, l’accès t’es rendu difficile par des barrages habillements réalisés pas les tribus résidants sur ces terres _qui seront un jour ou l’autre tiennes _où tout simplement rendus impraticables par une végétation trop dense. Je te propose donc que nous soyons tes éclaireurs : nos pas sont agiles et nous les porterons au-devant des tiens afin de défricher avec l’aide des populations locales auquel nous cacherons ta venue et que nous engagerons pour cela où en les persuadant que tu n’es pas un danger pour eux faisant ainsi tomber les barrages, c’est à toi de décider.
La créature grogna, sembla réfléchir puis lâchât finalement.
-Va, stupide créature, ton idée n’est pas ridicule, commence dès à présent ta mission, tu marcheras vers le soleil couchant encore et encore et tu remplira ainsi ta mission. Mais si tu tente quoique ce soit, sache que tu n’es pas la seule qui est en mon pouvoir et que je peut très bien te faire chasser.
Elle tourna le dos au monstre et retourna, tremblante, trouver Giordano.
Mais Giordano, loin d’être satisfait de sa décision avait aussi réfléchit de son côté.
« Nous pourrions le trahir, prévenir toutes les peuplades croisées et partir, toujours partir de loin en loin il finirait pas perdre notre trace!
-Il a dit qu’il avait des créatures à son services capables de nous retrouver.
-Qu’importe? Elles ne font cela que par peur de lui, nous les feront vite changer de camp! »
Elle céda, pensez-vous : elle n’allait pas se mettre au service de son père en sautant de joie puis le défendre bec et ongle non plus? Non, il en était donc hors de question avait dit son amour il faudrait donc éduquer tous les peuples rencontrés, les aider activement à se défendre face aux assauts de Junitus.
Leur périple continuât mais bien vite Junitus se rendit compte de la supercherie et envoya ses créatures. Il eut beau envoyer à leur trousses les plus hargneux, tous se joignait à eux ou fuyaient pour sauver leur peau. Pourtant au bout d’un moment Giordano et Akhunwia rencontrèrent une forêt bien trop inextricable pour être traversée et pourtant Junitus approchait, qu’allaient-ils devenir? La nuit vint et ils savaient pertinemment bien que le lendemain, Junitus serait là et les dévorerait. La nuit était fraîche et sans lune, elle n’apportait aucun réconfort au couple acculé. Akhunwia et Giordano pleurèrent l’un contre l’autre mais certes pas pour les même raisons tandis que l’un pleurait la mort de l’autre, l’autre justement pleurait la sienne. Akhunwia s’assit sur une petite bute pour voir venir la fin de loin. Le soleil étendit timidement la chaleur de ses rayon et séchât en vain la tête trempée de la petite ornithorynque.
Elle avait tellement fait, tellement cru à cet amour et pouvoir le protéger et elle le voulait encore, elle se remit à pleurer pathétiquement sur la petite bute couverte de fleurs. C’étaient ces mêmes fleurs sur lesquelles l’on marche de façon pataude tous les jours sans y prendre garde sauf qu’en ce temps là, elles étaient noires, nos jolies pâquerettes. Elles étaient noires car elles étaient les fleurs de Junitus non pas qu’elle ne possédassent un quelconque pouvoir néfaste mais, au même titre qu’Akhunwia elles avaient été crées par ce monstre (à un détail prés qui était que Junitus les avait crées volontairement elles) la légende disait qu’il leur avait même imputé un pouvoir caché tout comme sans le savoir il en avait imputé un à sa fille à plume non désirée : le pouvoir merveilleux d’aimer à en mourir un seul être.
Akhunwia pleurait donc sur le parterre de pâquerettes et ses larmes lavèrent les pétales des petites fleurs. Celles-ci, maintenant d’un blanc éclatant que nous leur connaissons étaient libérées de la malédictions de Junitus utilisèrent leur pouvoir et réalisèrent le veux de la bonne Akhunwia: sauver son Giordano. Elles créèrent un lieu sur pour lui, une autre galaxie, antérieure encore à la notre: la galaxie des contes, bien connue des enfants qui , à la naissance passent de celle-ci à la galaxie dite réel (la galaxie des rêves étant l’endroit encore antérieur, là d’où vient la conscience mais c’est une autre histoire). Giordano fut donc le premier homme de cette galaxie merveilleuse mais Akhunwia resta à jamais prisonnière de sa galaxie natale, car bien qu’elle ne fut pas dévoré par Junitus _car rendue totalement indigeste grâce aux fleurs _ ,elle ne fut pas transférée dans cette nouvelle galaxie et resta donc seule, rassurée de le savoir en vie mais terriblement seule à jamais.
Quant à l’Homme, sa nature ingrate ressortit immédiatement, il troqua son nom contre celui de Shariyar et finit par s’unir à la douce Shéhérazade mais ceci est une autre histoire autrement plus connue que celle-ci.

Vous voici donc informés de l’histoire de nos paquettes, symboles des amoureux à l’histoire aussi méconnue que saugrenue vous direz-vous. Sans doute, mais l’amour n’es-t-il pas le nid de la bizarrerie et vous-mêmes n’êtes-vous pas ridicule avec vos doutes et votre pâquerette sans pétales à la main?



*****************************Fin ?

rencontre onirique d'un voyageur d'été

Posté le 04.09.2007 par manon
Je ne vous ai pas abandonné, je suis juste partie en vacance et j'en revient sans youyou (mon pc), volé sniff :'( paix à son ame mais je vous file cette nouvelle que j'ai bien failli ne pas retrouver lol

Rencontre onirique d’un voyageur d’été :

Encore un regard désespéré vers la pendule du bureau qui semble ne savoir afficher que six heures et demi tous les soirs sans jamais passer à sept heures. Pourtant la journée trouve toujours une fin et Prométhéa part dans la nuit pour arriver dans un appartement de la région parisienne aussi froid que sa vie mais pas autant que ses rêves. Eux sont chaud et doux, elle s’y blottit en attendant d’avoir le courage, la force de tout réaliser. Peut-être préfère t’elle cette vie, comme tant d’autres faite de petits plaisirs sans importance.
Ce soir encore elle rêve de la mer qu’elle n’a vu que deux fois dans sa vie, elle idéalise cette géante salée, lui accorde des vertus qui ne sont pas les siennes. Pourtant dans ses rêves la mer la console toujours et la fait voyager, elle la pousse vers de nouveau rivages. Elle est dans l’eau et se laisse bercée et emporter

L’eau emporte un morceau de bois mort noir le long de la rivière et il attend sur la rive, la personne qu’il attend, il ne sait pas qui elle est, il attend juste. Lorsque le bout de bois repasse et qu’une ombre de femme apparaît furtivement sur la berge, il se met à courir, il fuit, le plus vite possible, les paysages deviennent flous jusqu’à ce qu’il se réveille dans un sursaut, dans la cahute de bois.
Sous sa moustiquaire Somerled se sent étouffé par l’humidité qui lui donne tous ces rêves étranges. En tournant la tête il aperçoit la lune qui est dans son premier quartier, cette lueur le rassure, il pense que c’est la même lune qu’il verra quand il sera à Bogota, dans une semaine et encore et toujours ce même astre qui le suivra au rythme de ses pérégrinations. Il passe le peu de sa nuit qui lui reste à regarder le soleil se lever, il a toujours cette impression de beauté infinie lorsqu’il voit l’aube étendre ses couleurs irréelles dans le ciel. Il imagine que c’est cette beauté là qui fait la magie des naissances, mais celle du soleil est tellement plus belle car elle recommence tous les jours et pourtant à chaque fois de façon différente.
Sa longue marche à pied débute, sans guide sur ces chemins de terre qui le mène jusqu’à la ville la plus proche, là il trouvera une famille qui a accepté de l’emmener jusqu’à l’aéroport de Windhoek où il s’envolera pour Paris puis un autre jusqu’à New York pour enfin arriver à Bamako.
Le chemin se fait long et difficile dans cette humidité, et bien que Somerled essaye d’éviter les pauses, il avance lentement et pas une voiture ne passe le long de cette route abandonnée. Il commence à préparer son camp pour la nuit sans même apercevoir le prochain village, s’il continu à ce rythme, jamais il n’arrivera à temps à la ville. Seul devant son feu de camp ce soir-là il se maudit de ne pas être parti plus tôt mais lorsque le soleil se couche dans sa danse de couleurs habituelle, il cesse de ressasser ces idées noires et pense à une seconde possibilité, prendre son temps et prendre un vol pour Paris, puis aviser là bas, tant pis pour Bamako, se sera pour une autre foi et puis la Colombie, il connaît déjà, il était allé à Mitú lorsqu’il avait visité le Venezuela puis la partie ouest du Brésil.
La nuit est tombée maintenant, les chants des oiseaux s’éteignent peu à peu et les bruits du jour laissent place à ceux de la nuit, aussi, durant une demi-heure, le monde est silencieux et le ciel encore à peine éclairé par les étoiles. Somerled se glisse dans sa tente et s’endort immédiatement.
Il voyage sur la lune et surplombe les nuages bleus, il voit très loin les oiseaux voler et de là où il est, la pluie lui semble être un voile gris. Il s’aperçoit que tout cela n’est pas logique, que la lune devrait être bien plus haute alors il glisse vers un rêve où il est poursuivit par une tasse de café géante et ce dans un terrain de foot.

Le terrain de foot est désormais vide mais en son centre pousse un immense arbre aussi blanc que les lignes qui forment les limites du terrain, lorsque la croissance accélérée de ce mastodonte semble achevée, un corbeau blanc s’approche mais dès qu’il touche l’arbre, il devient noir d’encre et la scrute de ses yeux curieux.
Le réveil fait s’envoler l’oiseau.
La journée recommence, toujours la même, le petit déjeuner devant la fenêtre qui donne sur le quartier dont elle connaît tous les recoins puis elle s’habille et part vers l’agence de tourisme à Paris où elle passe le reste de la journée près de l’horloge et des magazines pour Marrakech, Istanbul, Bombay etc. Elle attend les clients qui s’envolent vers ces destinations paradisiaques.
Les heures s’égrainent lentement lui laissant le temps de penser librement à tous ces horizons lointains dont elle parle toute la journée sans jamais y toucher. Elle s’imagine la rougeur du soleil levant sur Athènes, la douceur de cette chaleur qui chasse doucement la fraîcheur de la nuit.
La pause de midi laisse habituellement place aux souvenirs d’enfance qui semble si lointains ; ils lui parviennent empreints de nostalgie et incomplets. La main de sa mère lui frôlant le bras pour lui donner les assiettes, l’odeur des gâteaux chaud sortant du four, la voix de son père tantôt lointaine comme un infime écho dans la brume tantôt aussi forte que celle d’un stentor. Dans ces moments la réalité ne fait que l’effleurer, lui glisser dessus.
Puis elle se dirige machinalement vers son bureau où elle revient peu à peu à la réalité ramenée à celle-ci par ses dossiers, son ordinateur sur lequel trône en fond d’écran un homme et une femme aux visages ridés et souriants, entre eux, se trouve une jeune femme brune aux cheveux raides courts. Tous trois se trouvent dans un salon devant une table sur laquelle est posée une nappe de dentelle blanche et un gâteau d’anniversaire au chocolat parsemé de bougies on ne peut que distinguer ce gâteau de la photo car il est derrière la jeune fille. Ce sont les parents de Prométhéa et elle-même, leur fille unique, pour son 23e anniversaire qu’elle a célébré avec eux il y a quelques mois de cela maintenant. Les clients reviennent et la routine reprend encore et encore, lorsqu’il n’y a pas de client et qu’elle n’a rien à faire, elle revisite ses rêves de jeunesse ou ceux de la nuit et les reconstruit à l’image qu’elle veut, tantôt tristes, tantôt drôles ou romanesques. Elle habite ainsi ce monde fait de silence et de magie tous les jours sans exception : celui des rêves et des souvenirs. La fin de semaine se passe toujours de la même manière : elle part marcher dans les forêts qui se situent autour de chez elle ou bien elle va rendre visite à ses parents qui habitent vers Orléans. Elle avait eu des amis bien sur, mais tous ont grandi, changés et décidé de réaliser leurs rêves sans l’attendre pour cela. Elle se retrouve donc sur la touche de la vie, elle voit le monde bouillonner mais tout cela lui parvient comme un lointain échos dans son monde. Elle est comme une petite fille qui se tient au-dessus d’un grand aquarium rempli de poissons pressés.
Enfin le soir arrive et elle revient dans son appartement plus ou moins éreintée selon sa journée. Elle cuisine, mange, se lave puis prépare sa toile, ses couleurs et elle peint un nouveau rêve, un de la nuit ou une rêverie du jour, tout est bon, tout rempli la toile. Dans ce moment là, son esprit se vide pour laisser le pas sur l’action, le pinceau puise dans son imagination autant qu’il puise dans ses couleurs et tout coule sur la toile. Alors elle n’est plus que ses rêves, elle s’envole et se regarde de haut : elle est la mouette au-dessus de la petite fille. Puis l’euphorie retombe et elle atterrie puis se couche. Lorsqu’elle est trop fatiguée pour tout cela ou qu’elle n’a pas d’idée, elle ouvre un livre et se plonge dedans totalement. Elle devient alors une héroïne de roman à la vie palpitante, plongée dans les beautés de la nature ou bien un antihéros attachant ou non.
Ce soir là, comme tout les autres elle se couche en espérant avoir de quoi remplir son carnet de rêves au réveil.
Quelqu’un lui parle mais son visage est comme flou et elle ne comprend pas ce qu’on lui demande, elle fouille avec frénésie dans un tiroir de son bureau, espérant désespérément y trouver la solution mais au lieu de cela elle y aperçoit un monstre rose à piquant dévorer un dinosaure vert puis ils s’effacent pour laisser la place à un jeune homme aux cheveux bruns clairs et à la veste marron qui lui fait un signe de la main ; elle se retrouve alors happée dans son tiroir, elle chute interminablement, se rapprochant doucement du jeune homme et elle lève la tête et aperçoit le petit rectangle que forme l’ouverture du tiroir devenir un étrange soleil rectangulaire, elle prend la main du jeune homme, mais elle ne sent rien, elle lui caresse la joue mais c’est comme si ne touchait que le vent. Elle réalise qu’elle est dans un rêve, quelle importance ? elle suit le bel inconnu qui lui dit des mots qu’elle sait doux mais dont elle ne se souviendra pas.

Il lui dit des mots d’amours, mais il est fasciné par ses mains qu’il trouve si roses, il ne sait pourquoi, ils continuent de marcher tous deux jusqu’au moment où, pris d’allégresse, il se met à sautiller de plus en plus haut et finit par s’envoler vers l’étrange soleil. La chaleur augmente de plus en plus.
Il se réveille en nage et triste de voir un si beau rêve déjà finit, il comprend la raison de cette impression de chaleur, sa tête dépasse de la tente et le soleil tape fort.


Il arrive deux jours trop tard pour prendre ses correspondances, il trouve par contre sans problème un vol pour Paris et s’envole vers la capitale française. Il la survole de nuit et la capitale semble être un brasier de lave et de roches noires tant les lumières sur la ville sont nombreuses. Il pense avec nostalgie qu’il retourne dans cette ville qui l’a vu s’émanciper alors qu’il arrivait d’Ecosse, sa terre natale. Pourtant il n’a pas envie de s’attarder cette fois, demain il foncera au plus tôt dans une agence de voyage quelconque pour repartir… Peut-être à Venise cette fois, la dernière fois qu’il y était allé, il avait fait un temps de chien ce qui l’avait obligé de rester cloîtré presque tout son séjour dans sa chambre d’hôtel à regarder par la fenêtre la pluie tomber et le vent souffler, emportant les parapluies des quelques touristes courageux qui avaient osé sortir.
Il trouve un hôtel bas de gamme en plein cœur de Paris et y prend une chambre sur le chant.
Toute la chambre sent le moisi et quelques cafards traînent un pue partout mais il est épuisé et s’endort.
Il est dans le public d’un cirque, une femme danse au centre de la piste, elle virevolte gracieusement et semble plus légère que la poussière qui jonche le sol. Somerled essaye de voir qui elle est mais il n’arrive pas à voir son visage, toujours caché par les autres spectateurs. A force de jouer des coudes il parvient à arriver au premier rang, il se retrouve poussé par la foule au milieu de la piste, en se regardant il constate qu’il porte un costume coordonné avec celui de la danseuse.

L’homme de l’autre nuit la prend par la taille et ils se mettent à danser, il a ses yeux plantés dans les siens, ils sont bruns avec des reflets d’or lorsque la lumière les touches, la pupille est d’un noir profond. Ils s’envolent ainsi enlacés et sortent par le chapiteau, ils dansent dans les cieux avant de se poser sur un nuage. Mais lorsque le réveil retenti, elle tombe brusquement, arrachée de ses bras pour retomber dans son lit avec une impression de bonheur intense et de frustration. Une nouvelle journée commence, avec un soleil radieux qui chauffe vite tout Paris jusque dans la petite agence de voyage où Prométhéa travaille. Aucun client aujourd’hui, elle a bouclé tous ses dossiers et attend l’hypothétique client de la journée qui aurait l’amabilité de ne pas choisir ses collègues mais saurait s’aventurer jusqu’à son bureau, tout au bout de l’allée.
Le voici, il est brun et ses yeux noisette lancent des reflets d’or.

Il a traversé une partie de Paris à la recherche d’une agence de tourisme qui l’inspirerait, il l’a enfin trouvé et il s’enfonce dans le bâtiment climatisé jusqu’au dernier bureau où réside une jeune femme aux cheveux court et aux mains envoûtantes.

Elle a la gorge sèche lorsqu’elle reconnaît en lui l’homme avec qui elle a dansé cette nuit, en rêve, c’est son portrait craché !

La jeune femme du rêve se trouve devant lui et son parfum est bien plus envoûtant encore que les mouvements légers de ses mains sur le bureau, elle lui demande « où souhaitez-vous aller monsieur ? d’une voix tremblante mais douce, enveloppé de naturel.
- Nous nous sommes déjà rencontré si je ne m’abuse ? lui répond-t-il
- Heu je ne crois pas !
- Mais si, vous allez rire mais en rêve hier soir, nous dansions vers les nuages tous deux enlacés. Face au silence gêné qui suit, il continue.
- Ce n’est pas ma phrase habituelle pour draguer, parce que je n’aime pas ça mais c’est vrai. Vous êtes cette femme, j’en suis sur, ce n’est pas une simple ressemblance.
- C’est fou mais vous êtes aussi l’homme de mon rêve. Mais vous vous trompez, cela fait deux nuits que nous nous voyons.
- C’est… impossible, vous avez eu les mêmes….
- C’est fou ! »
Ils finissent de fil en aiguille par échanger de numéro de portable sans plus, trop étonnés pour oser plus.
Il compte pourtant continuer sa vie sans changement, il part à deux jours à Venise le soir même, il a trouvé par Internet un vol abandonné par quelqu’un. Il lui donne tout de même rendez-vous dans un bar parisien le soir même de son retour, poussé par la curiosité.

Elle attend avec impatience depuis un jour déjà son retour mais elle ne sait pas ce qu’elle attend de lui : qu’il l’accompagne avec elle dans sa routine quotidienne (jamais il ne pourra), qu’il l’entraîne dans son quotidien plein de surprises (elle en a tellement peur mais s’il est prêt d’elle après tout….) ou encore qu’il passe son chemin, qu’il l’oublie, comme si rien ne s’était passé (jamais elle ne pourrai oublier cette fabuleuse rencontre !!).
C’est étrange pense-t-elle, elle ne l’a vu en réalité qu’une fois mais il compte déjà tellement pour elle car il est l’être qui a su la rencontrer là où elle ne l’attendait pas, dans cet empire où elle est toujours elle-même.

Il redécouvre la ville d’eau sous son soleil habituel mais la première surprise passée, la ville lui semble bien vite incroyablement fade, investie par les couples.
Au détour de chaque canal c’est démonstrations d’amour et longs discours amoureux.
Il ne peut s’empêcher de penser à elle, à cette folle rencontre et il finit par se demander où tout cela va le mener, il y a à peine 24 heures, il ignorait son existence et le voilà propulsé au rang de prétendant numéro un. A-t-il envie de tout changer pour elle et ses mains délicates ? De chambouler tout cela, de perdre sa liberté ?
Ces pensées le préoccupent ainsi toute la nuit durant, l’empêchant de dormir et de la retrouver. C’est peut-être une bonne chose après tout, elle sortira de sa tête comme ça. Mais non, car lorsqu’elle n’est pas dans ses rêves, elle hante ses pensées.
Le matin se lève doucement et il admire le spectacle mais sans joie, il lui manque quelque chose maintenant pour être heureux, il le sait. C’est elle qu’il veut près d’elle pour lui faire partager tout cela.
A quoi peut bien lui servir sa fameuse liberté s’il ne peut l’avoir près de lui ?


Elle attend dans le bar depuis dix minutes et elle n’arrive pas à s’enlever de la tête le rêve qu’elle a fait cette nuit : elle était seule, dans une plaine paradisiaque, mais terriblement vide et elle appelait Somerled mais seul l’écho lui répondait. Elle s’était réveillée avec une sensation de solitude intense et d’abandon. Elle se demande si son avion n’a pas été annulé, ça expliquerai son retard. Elle commence à angoisser, et s’il s’était écrasé ? Jamais elle n’aurait eu le temps de connaître la vie avec lui, rien, une page laissée blanche.
Enfin, le voilà, il a un duvet de deux jours qu’elle trouve tout de suite adorable, cela lui donne un air sauvage. Mais elle ne s’attarde pas trop sur son apparence et lui demande tout de suite comment s’est passé son voyage.
Elle ignore encore qu’il a décidé que Venise serai la dernière ville qu’il visitera seul et qu’il avait dans sa poche deux billet pour Edimbourg afin qu’elle découvre l’endroit où il se repose et gagne un peu sa vie entre deux périples, son « nid ».
Tout cela semble se passer sur un souffle, comme un rêve.


merci d'avoir tout lu pour les quelques courageux ;)

réactions à vos commentaires:
-pour vous répondre chère Jacqueline, le titre est tout simplement celui du billet à savoir: "rencontre onirique d'un voyageur d'été" et la personne qui l'a écrite c'est tout simplement moi: l'auteur de ce blog.

Visite au Rijksmuseum...

Posté le 21.10.2006 par Manon
On devait écrire une histoire à partir d'un tableau et faire vivre une personne de ce tableau en utilisant 3 types de discour différents

J’habitait alors à Amsterdam lorsque je fis une étrange découverte. J’exerçais encore une activité quelque peu particulière puisque illégale : j’était voleuse. Oh mais attention, pas n’importe quelle voleuse ! Une cambrioleuse de musée, s’il vous plaît et ce jour-là je décidai de m’attaquer au Rijksmuseum. J’y était déjà allée plusieurs fois pour le « repérage » et décidai quel tableau serait l’objet de mon forfait ; je choisis « la lettre d’amour » de Jan Vermeer de 1667 ; je le choisis d’abord parce que c’était mon préféré ; ensuite parce que son format était fort pratique 44 centimètres de hauteur sur 38.5 de largeur . Sa taille allait me permettre de le rouler dans un tube prévu à cet effet sans trop l’abîmer avant de le vendre au marché noir en Estonie. Je décidai de faire ma petite affaire un vendredi d’octobre, le 14 je crois ; on était en 2005. Je partis de l’appartement que j’avais loué dans le centre ville d’Amsterdam vers onze heures du soir pour flâner un peu et me détendre avant de passer à l’action vers minuit. J’opérais en « solo » : pour moi, rien ne peut égaler la satisfaction que j’éprouvais alors que j’étais seule entourée d’œuvres d’art. J’en profitais alors pour m’imprégner de l’atmosphère du tableau choisi avant de le voler. Je marchais donc dans des ruelles étroites croisant occasionnellement quelques derniers passants titubants qui allaient de bar en bar pour se réchauffer un peu. La brume ce soir-là était à couper au couteau ; ce temps n’était pas net et me mettais mal à l’aise en quelque sorte ; il m’étouffait. Ce n’était pourtant ni des remords ni le stress qui me faisait cet effet-là pourtant j’avais la terrible impression que quelqu’un était derrière moi et me suivait, quand je me retournais je n’apercevais que des passants, mais étaient-ils de ce monde … Ou de l’autre ?
J’arrivai un quart d’heure plus tôt que prévu au Rijksmuseum. Après avoir pénétré par effraction dans l’imposant monument je me dirigeai d’un pas assuré vers le tableau voulu pour l’examiner une dernière fois : au premier plan se trouvait un rideau tiré sur le côté au-dessus d’un petit meuble qui me laissait voir, au second plan, une femme au teint pâle, à la mine atterrée, un luth à la main qui regardait sa servante qui, elle, se tenais droite, une main sur la hanche, un sourire ironique aux lèvres et qui venait de lui donner une lettre de son fiancé ; une lettre d’amour ! Au troisième plan vil y avait deux tableaux : un paysage champêtre et une peinture d’un bateau en mer.
C’est alors que je vis la peau laiteuse de la femme à la lettre s’animer peu à peu, la paupière cligner et la main gauche tenant le luth le pauser par terre silencieusement. Je restai atterrée devant cette apparition. La femme se leva, s’approcha du bord du tableau ; redressa son jupon et traversa le tableau pour se retrouver près de moi. Je restais bouche bée, terrorisée. Une voix haut perchée me déclara : « il ne faut pas rester comme ça, la bouche grande ouverte, tu risques de gober les mouches ! » Ma première surprise n’était pas passée, néanmoins, je fermais la bouche non sans continuer de la regarder de manière outrée. « Je peux te tutoyer au moins ? » demanda la femme, la lettre toujours à la main je tournais la tête vers le tableau pour m’apercevoir que la servante, elle, n’avait pas bougé ; la femme sembla lire dans mes pensées et répondit à ma question restée muette : « Hé oui je sais, elle ne peut pas vivre contrairement à moi, mais je ne me suis pas présentée : je m’appelle Méridite de Nuncques et toi, comment t’appelles-tu ? » Je répondit machinalement sans quitter le tableau des yeux que mon nom était Jeanne Mortier. Un silence gêné s’installait entre nous lorsque je m’exclamais « Comment se fait-il que vous soyez sortie du tableau ? » « Tu peut me tutoyer tu sais, Jeanne. » « D’accord mais comment se fait-il que vous parliez comme nous ; je veux dire… » « Je vois très bien ce que tu veux dire je ne suis pas sourde tu sais, c’est pas parce que je ne bouge pas que je n’entend pas. » C’est alors que je remarquais quelque chose : autour de moi, j’entendais des chuchotements de toutes part ; croyant que j’étais devenue folle, je fis un volte-face pour m’apercevoir que partout, dans tout les tableau, les gens bougeaient, parlaient, chantaient et même faisaient des farandoles ou se battaient en duel ! Elle constata ma surprise et dit : « Hé oui, je sais, ça fait bizarre ! » « Mais je ne comprend pas : pourquoi votre servante… » « Ho ! Sophie ; c’était une blague ! C’est juste qu’elle boude : je l’ai battue au poker hier, elle n’arrive pas à me le pardonner ; mais demain tout sera oublié ! » « Pourquoi t’est-tu dévoilée à moi ? » « Je m’appelle pas ça se dévoiler : tu me connaissais déjà par cœur ; je te voyais m’épier presque tout les jours ! et puis tu sais, je ne suis pas bête : tes vêtements ; tes visites répétitives, je sais que tu e venus me voler mais je peut essayer de te faire changer d’avis en te racontant mon histoire ; es-tu d’accord ? » j’approuvai vivement , j’adorais les histoires et les contes « Bien ; voilà mon histoire : j’était riche, je faisais même partie de l’aristocratie anglaise du 18e siècle un jour, mon père qui voulais absolument un portrait de moi et à qui je le refusais était tellement buté qu’il ne m’écoutait jamais et sapristi cela avait le don de m’exaspérer ; en plus étant donné que ma mère est morte à ma naissance nous ne vivions que tous les deux. Bref ; pour ne me peindre il fit donc appel à Jan Vermeer . Mon père voulait que Jan me peigne tout de suite mais lui voulait d’abord « s’imprégner » de l’atmosphère que dégageait notre propriété. En réalité il était fou amoureux de Sophie, mon père, de on côté de « caser » avec Jan qui, lui, n’était au courant de rien, à cet époque j’avais un fiancée mais mon père n’estimais pas qu’il était un bon parti pour moi ; de plus Roméüs (car c ‘était son nom) était parti au chevet de sa mère mourante. Un jour mon père n’en pouvant plus d’entretenir Jan, l’obligea à me peindre de n’importe quel façon ; ce dernier décida de me représenter avec Sophie durant un moment précis, dans une posture intéressante ; il le fit un après midi d’octobre, Sophie venait de m’apporter une lettre de Roméüs ; lui, il a représenté Sophie magnifique comparée à moi qui ai l’air abrutie et sonnée ». Elle s’arrêta en sanglotant ; fichtre elle me rendit toute tristouille !
« Qu’est-ce qui te fait pleurer ainsi ? » Pour toute réponse elle me tendis la lettre ; il y était dit : »A Méridite. Ma chère, j’ai rencontré une fleur bien pus délicate qu’aucune autre et bien plus parfumée que toutes les roses de la terre. Cette fleur, hélas, n’est pas vous mais Louise. Je suis donc au regret de faire cesser toute relation amoureuse entre nous. Amicalement
Roméüs Gishit »
« Ah, je comprend » murmurai-je dans un souffle « Quelques mois après je me suis suicidée, Jan est parti courir d’autres jupons et Sophie s’est marié avec un paysan. J’espère que mon histoire t’a plu ; maintenant libre à toi de me voler ou pas ; je te fais confiance ». Sur ce elle rentra dans le tableau et me fis un petit signe de la main en guise d’au revoir.
Je ne volai pas ce tableau, ni plus aucun autre d’ailleurs ; cela m’était totalement impossible ! je devins guide et m’installai à Amsterdam définitivement après avoir appris le Néerlandais. Maintenant je fais visiter le Rijksmuseum tous les jours, pourtant, jamais je ne me lasse de raconter l’histoire de ces tableaux !
Et les soirs où la brume règne en maîtresse, j’aime retourner au musé pour bavarder avec Méridite, Sophie et tous les autres .

Journal d'un monstre

Posté le 22.09.2006 par moonsun
Il fallait continuer la nouvelle Journal d'un monstre de Richard Matheson

XX- Aujourd’hui, nouveau jour, pleins de nouveau.
Ce matin, du haut de l’escalier, j’ai entendu papa dire qu’il fallais en finir ; que s’en était trop ; le reste je ne sais pas car il a changé de pièce avec maman. C’était avec maman qui il parlait ; je le sais parce que, quand il parle avec la petite maman il a toujours un ton doux comme il n’a jamais avec moi ; moi je ne connais que ses cris avec la colère dans ses yeux.
Quand c’était le moment ou là-haut est jaune, j’ai réussi à faire sortir la chaîne, j’étais très content, j’ai même réussi à la retirer de moi. Ca a fait un peu de bruit. Maman à demandé à papa s’il avait entendu ; il avait entendu, ça recommençai, il faudra le faire dans une heure ou deux, quand la petite dormira qu’il a dit. J’avais faim, car ils ne m’avaient pas donné à manger, alors j’ai pris la bête vivante et je l’ai mangé, c’était beaucoup meilleur que les cafards !
J’ai entendu maman qui disait à papa que la petite était couchée « sur le sofa » et qu’ils pouvaient y aller sans crainte maintenant j’ai entendu leur pas marcher là-haut puis se rapprocher ; prendre l’escalier et commencer à descendre. Je me préparai à leur faire très peur très, très peur pour qu’ils arrêtent de me frapper ; quand ils ont ouvert la porte, j’ai vu la peur et la surprise dans leurs yeux quand ils ont vu que la chaîne était enlevée du mur et de mes pattes. Ils avaient des cannes qu’ils ont tous les deux levés alors je me suis mit à crier avec la voie que je n’ai pas le droit de faire et à couler vert de partout papa m’a pourtant frappé très fort même je n’arrivai même plus à bouger la patte qu’il avait frappée, j’ai eu très mal je me suis mit à hurler vraiment. Je voulais m’accrocher au plafond de toutes mes jambes mais celle que papa avait frappée faisait trop mal je ne pouvais plus que me traîner alors ils ont frappés très fort tous les deux en même temps. J’avais mal de partout je n’entendais plus bien les sons j’ai fermé les yeux je voulais plus avoir mal comme ça jamais… Je voulais plus être « un monstre » je voulais rire moi aussi peut être même jouer avec la petite maman, apprendre à pleurer et à ne plus faire siffler les bêtes vivantes…J’avais de plus en plus mal un liquide mais rouge cette foi coulais de moi partout et salissais le sol de là où je dors. A un moment j’ai cru que je ne pourrai pas avoir plus mal tellement j’avais mal ; j’ai entendu maman dire « on arrête, il ne recommencera plus, en plus je suis fatiguée et la petite va bientôt se réveiller !
-Non, non et non répondait papa ; on avait dit qu’on irait jusqu’au bout cette foi, ne te laisse pas attendrir par ce monstre ! J’ai ouvert les yeux et j’ai vu les yeux de mamans dans les miens ils me regardaient comme jamais ils ne l’avaient fait, sans colère et des petites perles brillantes étaient accrochées à ses yeux. Papa la regardait méchant elle ne tenait plus la canne. Elle dit à papa avec une voie toute bizarre
-Ce monstre, c’est notre fils. Puis elle s’est couchée sur moi et j’ai vu les petites perles brillantes couler sur moi comme de l’eau.
-très bien fait comme tu veux !! Tu n’as jamais rien su faire correctement de toute façon ! Puis il est parti sans fermer la porte derrière lui.
[On était plus que maman et moi je me sui relevé un peu pour mieux la voir car j’étais couché, je l’ai regardé et elle m’a regardai je voyais la peur dans ses yeux mais aussi la même chose sur la bouche qu’elle a quand elle rit ; sa bouche était toute étendue et je voyais ses dents. Elle m’a dit avec sa voie encore bizarre :
-Mon bébé, maintenant c’est fini, tu es mon bébé, mon bébé… Elle s’est levée et m’a pris dans ses bras elle a monté les escaliers lentement ; lentement.
Je ne comprenais pas, tout était fini ? Pourquoi ? J’étais si fatigué j’avais très mais quelque part en moi j’étais content, encore plus que quand je détache ma chaîne du mur !
J’ai vu la petite maman dormir dans une grande salle pleine de lumière. Maman a encore monté un escalier elle a commencée à respirer fort et à marcher plus lentement « tu n’es plus aussi léger que quand tu étais mon tout petit bébé ; pas encore monstre…. Mais tu es mon enfant. »
On est entrés dans une pièce avec du bleu sur les murs et une fenêtre plus grande que la petite fenêtre là où j’étais. Elle m’a posé sur quelque chose de tout mou. « On avait prévu cette chambre pour quand tu serais un grand enfant, mais tu es mon grand Monstrinou maintenant ! Je vais te soigner mais dort pour le moment. » J’ai un peu regarder la pièce avec le bleu dur les murs puis j’ai dormi.] Quand je me suis réveillé j’étais seul mais j’avais des bouts de blanc sur les endroits où papa m’avait frappé. J’ai entendu des tout petit pas puis j’ai vu la petite maman elle est venue près de l’endroit ou j’étais couché je, n’ai pas bougé, je ne pouvais pas j’avais encore mal de partout. La petite maman a touché les poils de ma tête puis elle a approché sa bouche je croyais qu’elle allait me mordre mais elle a tendu les lèvres et les a posées sur moi en disant « blllm… grand frère ! »J’ai tendu une patte et, ça m’a fait mal mais j’ai quand même pris la petite sœur avec moi sur l’endroit mou la petite a rit et je me suis mis à rire aussi. Maman est venue en courant elle a eu une peur très grande dans ses yeux quand elle a vu la petite maman sur le mou avec moi mais quand elle a compris qu’on riait, elle a sourit aussi et s’est mise à rire.
« Vien voir ! Elle a crié. Papa est venu avec un peu moins de colère dans ses yeux lui aussi a eu la peur dans ses yeux quand il a vu la petite maman avec moi mais quand il a tout compris, il n’a pas rit comme ça mais il a dit « ridicule » et a eu un petit sourire « peut être que tu avais raison… mais au moindre faux pas il retourne en bas !
-C’est nous qui avons été le plus ridicule jusqu’ici… »
Plus tard, le soir, maman est venue me voir et m’a dit que je pouvais rire et aller avec eux dehors quand j’aurai moins mal. Elle m’a dit que tout était vraiment fini, pour toujours elle a dit. J’ai pleuré, je savais pas que je pouvais, j’ai eu des perles bleues comme les murs et le là-haut d’où tombe l’eau. J’ai ouvert deux pattes et maman est venue sur moi. Je l’ai sentie partir quand je me suis endormi. Je n ‘ai plus peur et … je suis heureux…


et encore une foi merci à ceux qui lisent tout jusqu'aux bouts ;) miki mes petits courageux lol











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